Le site de l'agriculture et de l'alimentation durable
S'inscrire gratuitement à la newsletter S'abonner au mag Newsletter Mag
Politique

Loi Égalim : grosse colère des sénateurs contre le texte voté par l’Assemblée

Initiative

Open Agrifood, une vitrine pour les initiatives agricoles innovantes

Pesticides

Manifeste anti-pesticides : le coquelicot, symbole d’un casse-tête agricole

Politique

Passation Hulot-Rugy : l’agriculture absente des discours

Bio

La parité, une question aussi pour l’agriculture biologique

Politique

Agricultrices : c’est pour quand l’égalité ?

Le 20 février, le Sénat a organisé un débat sur la situation des femmes en milieu rural. Occasion de détailler 40 recommandations face à Marlène Shiappa, secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 21/02/2018 à 18:40

Commenter

Partager :

Capture d’écran du média social L’Agriculture a la cotte

Elles furent longtemps invisibles. Ce n’est qu’en 1961 que le mot agricultrice est entré dans le dictionnaire. C’est dire comme leur collaboration, pourtant considérable, était ignorée. Dans les années 70, la situation s’est progressivement améliorée vers la reconnaissance de leur activité et d’une meilleure couverture sociale…

Aujourd’hui, les femmes représentent un quart des chefs d’exploitation. Selon le rapport « Femmes et agriculture : pour l’égalité dans les territoires », au cœur des débats le 20 février au Sénat, les agricultrices savent davantage que leur conjoint développer des sources de revenus annexes (vente en circuit court, gîtes ruraux…), souvent en phase avec le développement durable.

Hélas, tout comme pour les hommes, la crise a plombé leur revenu. Elles partagent le malaise et l’impression d’avoir choisi « une profession oubliée ». Pire encore, elles sont plus nombreuses à devoir travailler à la fois à la ferme et à l’extérieur, situation particulièrement stressante. Enfin, 5 000 d’entre elles n’ont encore aucun statut et n’auront donc pas de retraite. Les congés compliqués, l’accès aux services publiques, la formation, les stages difficiles à décrocher, les terres impossibles à acheter, les aides inadaptées… Le rapport « Femmes et agriculture : pour l’égalité dans les territoires » passe en revue les sujets qui fâchent.

Harmoniser les congés maternité

« Au final, les rapporteurs ont élaboré 40 recommandations adoptées à l’unanimité pour améliorer la situation des femmes dans les campagnes », a développé Annick Billon, sénatrice de Vendée (Union Centriste) et co-rapporteuse. Premier axe de réforme : le congé maternité. Seules 58 % des mères ont recours à un remplacement. Il faut communiquer sur ce service trop mal connu. Annick Bellon compte aussi sur « la volonté du gouvernement d’harmoniser les congés maternité entre les différentes professions. »

Deuxième axe : la reconnaissance de la spécificité féminine en milieu rural. Annick Billon préconise « la création de prix des femmes rurales dans différentes régions », inspirés de trophées accordés dans les secteurs de la finance, du commerce ou de l’entreprenariat. Les cérémonies de remise pourraient être organisées le 15 octobre, journée de la femme rurale, ou plus classiquement le 8 mars.

Les promesses de Marlène Schiappa

Troisième axe : il faut féminiser les présidences des bureaux de représentations agricoles : chambres d’agriculture, syndicats, coopératives…

Enfin, le quatrième axe : la revalorisation des retraites, encore inférieures à celles des hommes. Pour améliorer la situation, il faudrait limiter le statut de conjointe collaboratrice à cinq ans, car selon le rapport, « ce statut maintient la personne dans une situation de dépendance à l’égard du chef d’exploitation. »

En réponse, Marlène Schiappa, secrétaire d’État en charge de l’égalité des femmes et des hommes a signalé qu’elle présentera avec Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, « la feuille de route 2018-2020 pour faire progresser la cause féminine en milieu rural. Nous intègrerons une grande partie des recommandations du rapport. Et nous lutterons aussi contre les violences sexistes et sexuelles. » Dont acte.

Marie Nicot

Ils vous intéresseront peut-être

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *