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Blocage des raffineries : la colère des agriculteurs dépasse le cas l’huile de palme importée

Depuis le 10 juin, les agriculteurs bloquent une quinzaine de raffineries. Un acte d'opposition à l'import d'huile de palme, concurrente jugée déloyale de l'huile de colza français… mais pas uniquement. Les revendications dépassent ce seul dossier. Explications.

Par Eloi Pailloux - Publié le 12/06/2018 à 17:09

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La mise en exploitation de La Mède (13) cristallise la colère des agriculteurs. Cette bioraffinerie du groupe Total a en effet reçu le feu vert du gouvernement pour entrer en fonctionnement, avec un approvisionnement comprenant une large part d’huile de palme importée. Une matière première considérée comme une concurrence à la filière du colza français qui voit un débouché conséquent lui échapper.

La Mède, un symbole (trop ?) efficace

En bloquant jusqu’à 17 raffineries, les agriculteurs veulent marquer les esprits. L’éventualité d’une pénurie est un moyen efficace d’attirer l’attention. Mais cette « cible » relie un peu trop directement l’action de la profession au problème de l’huile de palme. Au point d’occulter les autres revendications des agriculteurs, qui tiennent en trois mots : « distorsions de concurrence ». Le cas de La Mède n’est donc qu’un symbole, « la goutte d’huile qui fait déborder le vase », comme l’explique la présidente de la FNSEA Christiane Lambert.

Haro sur les distorsions de concurrence

« En autorisant La Mède à s’approvisionner en huile de palme importée, le gouvernement permet à Total de privilégier un produit moins cher que l’huile de colza française, car moins contraint au niveau environnemental », plaide la FNSEA. Mais le syndicat déplore également les accords de libres échanges internationaux avec le Canada, le Mercosur ou la Nouvelle-Zélande. « Là encore, les denrées importées sont plus attractives en termes de prix, car produites dans des conditions interdites en France », explique la FNSEA. Les agriculteurs revendiquent ainsi une évolution de la loi Égalim, qui passe au Sénat le 26 juin. Et précisément, le vote d’un amendement instaurant l’interdiction d’importer toute denrée produite en utilisant des pesticides interdits dans l’Union européenne.

2ème jour de blocage : un nouveau site occupé à Saint Jean de Bray dans le Loiret.
La mobilisation @FNSEA @JeunesAgri concerne désormais 17 sites. #SauvezLesAgri pic.twitter.com/bt55RSQTEN

— La FNSEA (@FNSEA) 12 juin 2018

Le gouvernement inflexible sur le dossier de La Mède

Comment la sphère politique va-t-elle réagir ? La loi Égalim est aux mains des sénateurs. Dans une lettre ouverte à Nicolas Hulot une soixantaine d’entre eux se disent soutenir l’agriculture pour ce qui concerne l’unité de La Mède. Une bonne nouvelle toute relative, dans la mesure où ce dossier ne relève pas du projet de loi, mais uniquement du gouvernement. Or, Stéphane Travert a exprimé son refus de revenir sur la parole donnée à Total, tout en enjoignant le groupe pétrolier à raisonner son approvisionnement (1). Quant à l’amendement à la loi Égalim réclamé par la FNSEA, il faudra attendre fin juin pour connaître le sort que lui réservent les sénateurs…

(1) L’unité utiliserait annuellement 50 000 tonnes d’huile de colza française, « bien que cette matière première ne soit pas très rentable », dixit le PDG de Total, Patrick Pouyanné.

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