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Ardèche : le Chatus, cépage de nouveau à la page

Par Eloi Pailloux - Publié le 15/10/2018 à 15:00

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La préservation de la diversité des races d’élevage est un enjeu qui mobilise, notamment dans le cadre du Prix national pour l’agrobiodiversité animale. Une cause qui trouve sa jumelle au sein des productions végétales. En vigne, par exemple. Si l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), recense plus de 2700 cépages issus de 54 pays, seule une toute petite minorité est réellement exploitée. À l’échelle mondiale, 1 % des cépages répertoriés occuperaient ainsi 45 % des vignobles…

Replanté depuis les années 1990

En Ardèche, l’association de viticulteurs les Vignerons Ardéchois s’active pour offrir une renaissance à un cépage en voie d’extinction : le Chatus. Majoritaire dans les Cévennes au XIXe siècle, il a souffert de la crise du phyllexra, maladie de la vigne, en 1880. Cépage « exigeant », nécessitant un suivi minutieux de la part du viticulteur, le Chatus n’a jamais remonté la pente. Plus d’un siècle plus tard, les Vignerons ardéchois ont lancé un projet de replantage ce cépage, initié dans les années 1990.

Agriculture raisonnée

Aujourd’hui, il s’étale sur une soixantaine d’hectares, dont une quarantaine gérée par les Vignerons ardéchois. En termes de volumes conditionnés, près de 150 000 bouteilles du cépage sont produites chaque année. Si cette production n’est encadrée par aucun label, les Vignerons ardéchois pratiquent une agriculture raisonnée, dans le cadre d’une charte de sélection parcellaire : chaque cuvée correspond à une parcelle précise. On y accepte d’avoir des rendements très faibles, en retenant les coteaux selon une exposition idéale au soleil et au vent pour limiter l’apparition de maladies.

Cépage rouge tardif, le Chatus est « épicé et charpenté », et reconnaissable à ses notes de cerises griottes et de pruneaux en alcool. Ses vins de garde s’expriment au bout de quelques années.


Du tonneau au pinceau

La démarche des Vignerons ardéchois n'est pas isolée. L'académie d'agriculture de France a ainsi lancé, mi-septembre, une campagne de financement participatif avec un objectif de 40 000 €. L'objectif : restaurer et publier la Collection de 83 planches du peintre Redouté, représentant des cépages de la fin du XVIIIe siècle. Pour l'académie, le recours à ces variétés anciennes est une des solutions pour permettre à la viticulture de s'adapter au réchauffement climatique.

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