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Alternatives au glyphosate : des coûts encore à évaluer

Un an après l'annonce d'une « sortie du glyphosate » sous trois ans, le PDG de l'Institut supérieur de la recherche agronomique (Inra), Philippe Mauguin a souligné, le 29 novembre à l'Assemblée nationale, que les coûts de la plupart des alternatives identifiées restaient à évaluer.

Par Eloi Pailloux - Publié le 05/12/2018 à 18:24

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Philippe Mauguin, PDG de l’Institut national de recherche agronomique (Inra)

Fin novembre 2017, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) publiait un rapport listant les usages du glyphosate pour lesquels il existait des alternatives. Invité à l’Assemblée un an plus tard, le 29 novembre 2018, à faire le point sur les travaux de l’Inra sur ce dossier, son PDG Philippe Mauguin a rappelé : « Ce rapport a été produit en un mois. De nombreux aspects sont encore à approfondir, notamment concernant le coût des alternatives. »

Mesurer les surcoûts éventuels liés aux alternatives

Pour lui, deux types de surcoûts peuvent être induits par l’arrêt du glyphosate. D’un côté, l’investissement dans des machines ou robots pour désherber de manière mécanique, et des frais plus structurels liés à la main d’œuvre ou à la consommation de carburant pour les pratiques nécessitant plus de passages du tracteur dans les champs. « Mais arrêter le glyphosate, c’est aussi réduire les charges liées au désherbage chimique », glisse Philippe Mauguin. L’Inra est mobilisée pour déterminer la balance, au cas par cas.

20 centimes de plus par bouteille de vin ?

« Nous devons, sous deux mois, proposer une méthode précise pour faire ces calculs », ajoute le PDG de l’Inra. À un niveau plus concret, l’ensemble des unités de recherche de l’institut sont engagées à ce que leur récolte 2020 soit « zéro glyphosate » : il s’agira de mesurer les impacts sur les rendements, sur les éventuels surcoûts induits, ainsi que sur de possibles retombées sur l’environnement. « L’agriculture de conservation s’appuie sur le glyphosate pour préserver les sols et stocker davantage de carbone atmosphérique. Ce type de paramètre doit aussi être suivi », ajoute-t-il.

Parmi les filières où l’aspect économique lié à l’arrêt du glyphosate est déjà documenté, Philippe Mauguin cite les vignobles en terrasse. Le glyphosate permet de désherber entre les rangs sans travail mécanique, susceptible de provoquer l’érosion des sols. Pour s’en passer, les alternatives nécessitent plus de main d’œuvre, à raison d’une personne pour 20 hectares, avec un surcoût estimé à 20 centimes par bouteille de vin.

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