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La recherche génétique au service de l’environnement

Face à l'évolution de la réglementation sur l'utilisation des pesticides, la recherche génétique peut accompagner la transition en développant des variétés plus résistantes. Un domaine au temps long, lui-même soumis à une législation de plus en plus stricte. Les Ateliers du Gnis, rendez-vous pédagogique organisé le 13 novembre, sont revenus sur ces enjeux.

Par Laure Hänggi - Publié le 15/11/2018 à 15:17

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Le plan Écophyto, dont la deuxième version a été lancée à l’été 2017, vise une réduction du recours aux produits phytosanitaires de 50 % à l’horizon 2025. Un objectif qui fait largement écho aux attentes de la société et des consommateurs. Pour accompagner cette transition, la recherche travaille à l’élaboration d’alternatives, notamment via le développement de variétés plus résistantes aux maladies ou aux ravageurs. Un sujet au cœur des discussions qui se sont tenues lors de la seconde édition des Ateliers du Gnis (1), le 13 novembre.

Philippe Lerebour, directeur d’Unisigma, a insisté sur le rôle que peut jouer la recherche génétique dans la mise en oeuvre de pratiques agricoles plus vertueuses.

« J’aimerais faire comprendre au grand public le caractère favorable de notre métier vis-à-vis de l’environnement », déclare Philippe Lerebour, directeur d’Unisigma, semencier basé à Beauvais et produisant le Fructidor, le blé le plus cultivé en France. 50 % du chiffre d’affaires de ce groupement d’intérêt économique (GIE) est réinvesti dans la recherche pour sélectionner et créer des variétés de céréales plus résistantes.

Une nouvelle variété d’orge qui se passe d’insecticide

Illustration de cette démarche, Unisigma a mis sur le marché le 1er octobre dernier, au terme de trente ans de recherche, la variété d’orge Margaux. Sa particularité : elle est totalement résistante au virus de la jaunisse nanisante, la maladie virale la plus répandue chez les céréales. Une maladie transmise par un puceron qui n’était jusqu’à présent sensible qu’à l’imidaclopride, un insecticide interdit depuis le 1er septembre 2018, car appartenant à la famille des néonicotinoïdes. À défaut de protéger la plante contre l’insecte avec un pesticide, on peut donc la rendre résistante à la maladie.

« C’est une application de ce que la génétique peut faire pour l’environnement, mais cela demande beaucoup de temps », souligne Philippe Lerebour. La résistance de Margaux est le résultat de nombreux cycles de sélection, après un croisement avec une variété marocaine résistante au virus, mais sauvage. Des termes et des techniques qui provoquent souvent la méfiance chez le consommateur. Une situation que déplore le directeur d’Unisigma, qui regrette « l’amalgame » existant entre son activité et « les OGM et Monsanto ».

Regret du durcissement réglementaire

L’évolution de la réglementation en matière d’édition du génome a également été commentée. L’été dernier, la Cour de justice de l’Union Européenne (CJUE) a rendu un avis préconisant que les organismes issus de nouvelles techniques d’édition du génome (« new breeding technics ») soient considérés comme des OGM. Le Conseil d’État, qui avait sollicité la CJUE à ce sujet, doit rendre sa décision dans les prochains mois, afin de déterminer si cet avis sera traduit dans le droit français.

« Nous, nous croisons des génomes, explique Philippe Lerebour. Cela revient à mélanger des milliers de chapitres d’encyclopédies, puis à y chercher le résultat que nous voulons. Avec ces « new breeding technics » (NBT), nous pourrions ne prendre qu’un mot d’une encyclopédie à l’autre. En termes de résultat cela revient au même, mais c’est beaucoup moins long. » Le directeur d’Unisigma craint que cet avis européen ne marque « un sérieux coup d’arrêt au progrès génétique en Europe » et ne place « les agriculteurs en difficulté » face à d’autres pays. « Cela réduit les outils disponibles pour agir en faveur de la réduction des intrants », conclut-il.

(1) Groupement national interprofessionnel des semences et des plants

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