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L’exposition des riverains, une donnée prise en compte dans le dosage des pesticides

Pour homologuer un pesticide, les firmes phytopharmaceutiques sont tenues d'imaginer des scénarios d'exposition des riverains extrêmes, et de garantir qu'un seuil de toxicologie acceptable ne soit pas dépassé dans ce cas. Et ce, avec un facteur de sécurité important. Explications.

Par Eloi Pailloux - Publié le 19/07/2018 à 13:34

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Article initialement mis en ligne le 24 mai 2016.

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Nicolas Kerfant, président de l’UIPP, et Julien Durand-Réville, responsable santé à l’UIPP.

Quel comportement adopter lorsqu’un agriculteur traite à proximité des zones habitées ? Interdire ? Se mettre à l’abri ? Lors de son bilan annuel, présenté le 12 mai à la presse, l’Union des industriels de la protection des plantes (UIPP) est revenue sur ces interrogations du grand public et répond sous l’angle de l’approche réglementaire et scientifique.

Des produits très encadrés

Pour Nicolas Kerfant, président de l’UIPP : « Il faut arrêter de diaboliser. Le risque lié aux produits phytosanitaires est réduit au maximum ! Fréquemment remis en causes, ces produits sont pourtant parmi les plus encadrés par la réglementation européenne dans le cadre de leur évaluation et utilisation. »

Il revient sur le traitement de l’information par les médias grand publics : « Les industriels qui essayent de vendre à tout prix, les pauvres agriculteurs qui subissent, les riverains pris en otage et l’administration qui ne suit pas : c’est un bon scénario, mais pas la réalité ! » Soulignant le travail « carré » des experts de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) et le poids des expérimentations sur l’impact environnemental et sur la santé dans les dossiers d’homologation : « respectivement 40 % et 50 % des 300 études effectuées sur plus de dix ans. Soit au total 36 cartons de ramettes et 84 CD par produits examinés. »

Des cas d’exposition extrêmes en compte

Julien Durand-Réville, responsable santé à l’UIPP, explique : « Lors de nos études sur une molécule et dans le cadre de la préparation du dossier d’homologation, nous devons modéliser l’exposition et considérer le pire des cas. C’est lui qui sert de référence. »  Il liste les critères à prendre en compte  et qui analysent l’exposition quasi en continue pour une même personne et tout au long de sa vie.

L’impact d’un traitement est pris en compte avec une exposition de 2 heures par jour à quelques mètres d’un individu et avec le vent dans le sens de la dérive vers cette personne. Celle-ci respire en plus toute la journée et avec une forte inhalation, un air contaminé à des doses importantes. Cette personne serait en plus dans une même journée en contact pendant deux heures avec des végétaux recouverts d’un flux de pulvérisation émanant d’un champ tout proche.

Rester sous un seuil toxicologique même en pénétrant dans un champ tout juste traité

Pour le cas des enfants, on ajoute l’exposition orale avec un nombre important d’objets portés à la bouche à partir de doigts contaminés ainsi que de nombreux gestes « mains-bouche ». Dernier critère : celui de la pénétration d’un adulte ou d’un enfant  pendant un quart d’heure par jour dans un champ tout juste traité.

Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché, la modélisation extrême de ces expositions, additionnées, doit être inférieure au seuil toxicologique acceptable. Il a été validé par les autorités scientifiques, et prend en compte un facteur de sécurité au moins égal à 100. Julien-Durand Réville rappelle que les méthodes d’évaluation et de test sont fixées par des lignes directrices internationales et que la validation est faite par des experts de la Commission européenne.

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