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Tomates « sans résidu de pesticides » d’Intermarché, une démarche qui fait débat

Pour aider les producteurs de tomates approvisionnant ses magasins à utiliser moins de pesticides, Intermarché leur propose des contrats plus avantageux. L'idée est d'avancer vers le « zéro résidu de pesticides ». La démarche, qui est le fruit de bonnes intentions, a pourtant ses limites. Explications.

Par Eloi Pailloux - Publié le 07/08/2018 à 10:45

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Intermarché veut mettre un coup d’accélérateur sur le « zéro résidu de pesticides ». Une stratégie qui débute au rayon tomates, et qui passe par un approfondissement du partenariat qui lie l’enseigne de distribution avec la coopérative les Paysans de Rougeline, elle-même à l’initiative de la marque « Zéro résidu de pesticides ». Intermarché annonce, le 17 juillet, son intention de proposer désormais des contrats sur une durée plus longue aux agriculteurs de la coopérative, sur trois ans au lieu quand les standards se situent à une seule année. Avec un prix garanti sur une telle période, la pérennité économique des exploitations est renforcée, facilitant une évolution des pratiques, et un usage plus limité aux pesticides. Ainsi présentée, l’initiative parait séduisante, mais…

Label « trompeur », selon les ONG

En clair, l’idée n’est pas d’arrêter d’utiliser les pesticides, mais de réduire leur utilisation, afin de rendre les résidus suffisamment faibles pour ne plus être détectables. Et c’est là que se situe une partie de la controverse. Si elle part de bonnes intentions, la démarche est jugée « trompeuse » par plusieurs ONG.

La course au « zéro résidu » n’est pas dépendante uniquement des pratiques agricoles, mais aussi des technologies utilisées pour mesurer les traces de pesticides (voir notre éclairage sur ce thème). Le récent panorama proposé par l’Union européenne sur les résidus de pesticides dans les produits alimentaires illustre la difficulté de l’exercice. En 2016, le taux de produits en dehors des clous était de 3,8 %, contre 2,8 % en 2015. « La différence s’explique essentiellement par la présence de résidus de chlorate, composé pris en compte pour la première fois en 2016 dans les programmes de contrôle », précise l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Autrement dit, le chiffre ne recule pas en raison de fraudes ou de pratiques moins strictes, mais des paramètres retenus pour les contrôleurs.

Résidu ne veut pas dire danger, précisent les autorités sanitaires

De leur côté, les organisations professionnelles agricoles estiment que ce type d’étiquette entretient indirectement une atmosphère anxiogène autour des aliments, laissant imaginer que les autres produits pourraient être dangereux, puisque contenant des résidus. Or, les autorités sanitaires insistent régulièrement sur le fait que « détection de résidus » ne veut pas dire que la « valeur toxique de référence » est atteinte.

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