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Un vignoble en équilibre avec son écosystème

Le Domaine Émile Grelier, à Lapouyade (Gironde), travaille à intégrer la production viticole dans un environnement équilibré. Et pour cela, Benoît et Delphine Vinet multiplient les initiatives : agroforesterie, préservation de la faune et de la flore sauvages, aménagement des zones humides…

Par Campagnes & Environnement - Publié le 07/11/2017 à 09:58

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Photo Delphine Vinet

Le Domaine Émile Grelier, en Gironde, est certifié en agriculture biologique sur 8 hectares de vignes et 3 hectares de prairies. « Notre réflexion globale est de rétablir les équilibres environnementaux autour la production viticole, détaille Delphine Vinet, viticultrice. Il y a huit ans, nous avons commencé par planter des haies, en travaillant avec Arbres et Paysages de Gironde. Puis nous avons développé l’agroforesterie. Nous avons planté quelque 800 végétaux, dont 162 arbres, essentiellement des fruitiers et quelques feuillus, dans les rangs de vigne. »

Densifier les plantations d’arbres

Dans le cadre d’un plan Vitiforest, le vignoble est devenu, depuis 3 ans, un laboratoire pour des organismes de recherche visant à évaluer la pertinence des systèmes agroforestiers en milieu viticole. Les premiers résultats montrent des résultats positifs, notamment avec la mise en place d’un microclimat régulant les écarts de température, et confirment la nécessité de densifier encore plus les plantations d’arbres. « C’est la raison pour laquelle nous venons de répondre à l’appel à candidatures pour le concours Arbres d’avenir, afin d’implanter 440 nouveaux arbres dans nos vignes et prairies. »

Oiseaux et chauves-souris, renforts contre les insectes

Le paillage inter-rangs booste la présence de vers de terre © Delphine Vinet

« Les arbres sont à la base de toute notre démarche environnementale », poursuit Delphine Vinet. Ils apportent du relief et attirent oiseaux et chauves-souris. Les viticulteurs ont favorisé leurs présences en installant au milieu des parcelles une cinquantaine de nichoirs, occupés tous les ans à plus de 75 %, et des gîtes à chauves-souris en pourtour des parcelles. Les 54 espèces d’oiseaux présents sur le domaine régulent les populations d’insectes et les chauves-souris sont très efficaces contre les papillons nocturnes et notamment les vers de la grappe.

« Afin de maintenir cette faune sur le vignoble, nous avons semé des couverts végétaux entre les rangs, des céréales en hiver et un mélange d’une trentaine de plantes différentes au printemps », précise Delphine Vinet. Ces couverts permettent de réguler l’eau, aérer le sol, accueillir les insectes. Pour booster la présence des vers de terre et la vie microbienne du sol, des balles de foins sont déroulés dans les inter-rangs, après les vendanges. Cette année, pour se rapprocher des techniques de permaculture, des oignons et pommes de terre ont été plantés sur ces inter-rangs. « Mais nous avons constaté que ce foin et ces légumes attirent les sangliers », nuance la viticultrice.

Une attention aux écosystèmes qui porte jusqu’aux serpents

Les pommes de terre implantées entre les rangs de vigne contribuent à enrichir l’écosystème. © Corentin Sauvaget

Pour aller toujours plus loin dans l’attention portée au milieu dans lequel ils travaillent, les viticulteurs en explorent d’autres aspects. « Notre réflexion sur les écosystèmes nous ont poussés à nous intéresser à la présence des zones humides sur notre domaine. Suite à un appel à projet de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, nous avons pu curer une mare dans un bois, réhabiliter une mare dans une prairie et venons d’aménager plusieurs mares en cascades, zones propices aux libellules et tritons. » Une démarche poussée à bout, puisque l’exploitation participe à un programme de Cistude Nature visant à dresser l’inventaire des… serpents en Nouvelle-Aquitaine. « Par ailleurs nous collaborons également avec le Centre de sauvegarde de la faune sauvage en Gironde de la LPO, Ligue pour la protection des oiseaux, en effectuant des lâchers et des suivis d’intégration de chouettes chevêches et de hérissons. »

Le Domaine Emile Grelier fait ainsi en sorte que toutes les conditions soient réunies pour tendre vers un écosystème où la faune et la flore au sein des parcelles sont intégrées et parties-prenantes de la conduite écologique du vignoble.

Pour aller plus loin.

Damien Raison

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