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N’y a-t-il réellement aucune trace de pesticides dans les produits labélisés « Zéro résidu » ?

Des enseignes de distribution, des marques s'engagent à proposer des gammes de produits issues d'agriculture conventionnelle mais « sans résidus de pesticides ». Une démarche qui se complexifie avec le temps, et le perfectionnement des outils d'analyses.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 27/02/2018 à 11:15

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La recherche de résidus de pesticides bénéficie de technologies de plus en plus précises. Dans les années 1970, l’outillage permettait de détecter de l’ordre du milligramme de pesticide dans un kilogramme de produit. Contre 0,01 milligramme de pesticide dans un kilogramme de produit aujourd’hui. Les moyens actuels permettent donc de repérer des traces de molécules de manière beaucoup plus fine.

Cela revient à comparer les cartes du ciel dessinées sur la base d’observations à l’œil nu et à la lunette astronomique : le nombre d’étoiles ne change pas, pourtant la seconde carte en comptera bien davantage… Autrement dit, si de plus en plus de molécules sont détectées dans certains produits alimentaires, ce n’est pas nécessairement en raison d’utilisations plus importantes des pesticides.

Le « sans résidu » d’aujourd’hui risque de ne plus l’être demain

C’est ce qui rend les initiatives « zéro résidus » de plus en plus compliquées. Auchan s’est donné cet objectif pour une gamme de fruits et légumes. L’idée n’est pas d’empêcher les producteurs d’utiliser des pesticides. L’enseigne reconnait l’utilité de protéger les cultures. Elle veut simplement inciter à en utiliser le moins possible, de manière optimisée, de manière à ce que leurs traces ne soient pas détectables. Il est en effet rassurant pour le consommateur de se dire qu’aucun pesticide n’a été détecté sur la pomme qu’il mange. Tel fruit ou légume est aujourd’hui scientifiquement « sans résidu » dans la limite des seuils de détection.

Face à cette réalité, les autorités sanitaires insistent sur le fait que « détection de résidus » ne veut pas dire que la « valeur toxique de référence » est atteinte. Or, même cette valeur, en-dessous de laquelle il n’y a aucun risque pour la santé, est fixée avec une grande marge de prudence. À titre d’exemple : dans le cas de l’insecticide fipronil, les experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) estiment qu’il faut multiplier cette valeur toxique de référence par dix pour observer les premiers symptômes cliniques, « le plus souvent des troubles digestifs bénins. »

Dans les dossiers européens d’homologation des pesticides, un facteur 100 à 1000 est d’ailleurs attribué entre la dose de produit sans effet et la dose admissible par jour tout au long de la vie.


Une logique valable pour les solutions autorisées en bio

L'agriculture bio n'utilise pas de produits chimiques de synthèse, mais tolère des pesticides naturels dont les effets sont également analysés de plus en plus finement. Avec les progrès scientifiques, les impacts sur les organismes du sol des molécules de cuivre, autorisées en bio pour lutter contre les maladies, sont aujourd'hui mieux caractérisés. Au point que l'Union européenne envisagerait de réduire les doses autorisées, voire à les supprimer, au grand dam des producteurs bio. Une étude récente de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) établit que les rendements de la filière pâtiraient durement d'une telle décision. Seule une réduction de 50 % des doses de cuivre serait envisageable sans réduire les rendements en bio, en cas de présence « moyenne » des maladies.

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