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La France progresse-t-elle sur la voie de l’autonomie protéique ?

Pour l'alimentation des élevages, la France dépasse la barre des 50 % d'autonomie en protéines. Un chiffre qui tend à se maintenir depuis les années 90. L'hexagone se situe plus de 20 points au-dessus de la moyenne européenne. Des initiatives sont lancées à différentes échelles pour progresser, à l'instar de la naissance de la filière soja made in France en 2017.

Par Eloi Pailloux - Publié le 03/01/2019 à 16:48

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Le tourteau, produit à partir des cultures oléagineuses, est un aliment protéiné de base des élevages français. © Phlippe Montigny

Pour être productifs, les animaux d’élevage ont des besoins élevés en protéines. Si les fourrages et les céréales comblent une large fraction de cette demande, des matières premières plus riches restent indispensables dans les rations. Les élevages s’appuient ainsi sur des tourteaux issus des cultures oléagineuses.

Stagnation des protéines made in France…

Plus de la moitié des tourteaux qui remplissent les auges viennent de France. « Il est difficile d’entrer dans le détail par culture, car la France importe et exporte à la fois, et la marchandise peut prendre la forme de tourteau ou de grain pas encore trituré », précise Corinne Peyronnet, chargée de valorisation en alimentation animale chez Terres Univia. En 2015-16, selon Terres Univia, 3,9 Mt de tourteaux de soja ont été consommées, très largement importées et essentiellement OGM.

Les 2,5 Mt de tourteaux de colza et les 1,4 Mt de tourteaux de tournesol étaient en revanche d’origine majoritairement française, une part de colza canadien étant trituré en France, et des tourteaux de tournesol riches en protéines étant importés de la zone « Mer Noire ». Selon Terres Univia, l’autonomie protéique de la France stagne entre 50 et 55 % depuis les années 90. Si, en 20 ans, la protéine de colza a pris des parts de marché, c’est au détriment des légumineuses à graines (pois, féveroles, lupin), aujourd’hui très en retrait, avec seulement 0,34 Mt consommées sur 2015-2016.

…mais des filières mobilisées pour gagner du terrain

Reste que les filières françaises se mobilisent pour structurer une production locale, porteuse de qualité et pour limiter la dépendance aux aliments d’importation. La filière soja « made in France », a vu ses surfaces tripler depuis 2013, pour frôler les 150 000 ha en 2017, année où une charte de production de qualité a été lancée.

100 000 hectares supplémentaires sont attendus d’ici à 2025. Producteurs, collecteurs, transformateurs de l’alimentation animale se disent prêts à avancer dans ce sens. « Le soja de France, sans OGM, doit dynamiser les territoires, mais aussi redorer l’image d’une culture trop souvent assimilée aux OGM et à la déforestation », précise Antoine Henrion, président de Terres Univia. Au niveau politique, le Plan protéines végétales 2014-2020, porté par le ministère de l’Agriculture, vise notamment, via des incitations, à intégrer dans les assolements plus de cultures riches en protéines : protéagineux, soja ou luzerne. L’équivalent, au niveau Européen, devrait voir le jour, possiblement à travers la Politique agricole commune post-2020.


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