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Affaire des « faux steaks », des zones d’ombre sur les circuits alimentaires

La distribution de 780 tonnes d'une viande indûment étiquetée « viande de bœuf », à des associations caritatives, pose question. Le rôle de l'État, à travers l'office FranceAgriMer qui a acheté la viande, mais aussi l'opacité de la filière alimentaire concernée, sont mis en avant. La santé des consommateurs de la viande n'est a priori pas menacée.

Par Eloi Pailloux - Publié le 12/06/2019 à 17:40

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Le 7 juin, RTL révèle que 780 tonnes de « faux steaks » à base de gras, d’os, de peau, de soja, d’amidon, le tout mixé avec de la viande transformée, avaient été confiées au Secours Populaire, de la Croix Rouge, des restos du Cœur, de la Fédération française des banques alimentaires. Ce sont les associations elles-mêmes qui ont signalé le problème, sur la foi de l’apparence et du goût des steaks, alertant la Répression des fraudes. À l’instar du scandale des « lasagnes à la viande de cheval » de 2012, le scandale n’est pas sanitaire, dans le sens où la santé des consommateurs n’est pas en jeu. Mais elle pose la question de l’opacité des circuits alimentaires, car la viande avait été indûment étiquetée « steak haché surgelé de bœuf 15 % de matière grasse ».

Une commande assurée par un office de l’État

En tout, 1 500 tonnes ont été achetées en 2018 dans le cadre d’un marché financé par le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD), pour un montant total de 5,2 millions d’euros. C’est FranceAgriMer, un office public rattaché au ministère de l’Agriculture, qui s’est chargé de cet achat auprès du fournisseur français Voldis, qui affirme s’être approvisionné auprès d’un courtier français. Mais les steaks ont été produits en Pologne. Les autorités françaises ont saisi, le 5 juin, les autorités polonaises via le réseau « food fraud » pour prolonger l’enquête en Pologne. FranceAgriMer précise que tous les contrôles de qualités ont été opérés avec succès. Si le responsable de l’étiquetage frauduleux reste à trouver, l’affaire est désormais judiciaire, et une amende de 1,5 M€ est encourue.

Vers la création d’une instance européenne de contrôle ?

En attendant les conclusions de l’enquête, l’eurodéputée Michèle Rivasi suggère la création d’un « Europol alimentaire ». Une instance d’enquête et de contrôle dédiée qui pourrait selon elle éclairer les zones d’ombres de ce dossier : « Où sont passés les 720 tonnes de faux steaks restants ? s’interroge-t-elle dans un communiqué daté du 8 juin. D’autres lots frauduleux ont-ils été produits et écoulés ailleurs ? L’obligation d’indiquer la provenance de la viande a-t-elle été respectée ? » Selon l’élue, les autocontrôles demandés aux fabricants ne permettent pas de détecter les fraudes, « volontairement dissimulées ».

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