Le site de l'agriculture et de l'alimentation durable
S'inscrire gratuitement à la newsletter S'abonner au mag Newsletter Mag
Élevage

Les associations de bien-être animal déçues par les annonces de Didier Guillaume

Pesticides

Glyphosate dans les urines, la variabilité des résultats selon la méthode utilisée se confirme

Sol

Notre rencontre avec le « Slip d’or » de la Foire de Châlons

Initiative

Ici la Terre, focus sur cette démarche qui invite les consommateurs à appeler les agriculteurs

Labels

La Haute valeur environnementale concerne désormais 2272 exploitations

Communication

Agriculture et fake news scientifiques, une tendance difficile à enrayer

Comment réagir quand une fake news d'ordre scientifique se répand, au détriment du secteur agricole ? Qui est responsable, et qui peut réagir : les acteurs des filières, les médias, les scientifiques ? Des sujets d'actualité, épineux, abordés lors d'un débat organisé par le syndicat des communicants en agriculture, le 17 avril à Paris.

Par Eloi Pailloux - Publié le 24/04/2019 à 11:26

Commenter

Partager :

Le politologue Eddy Fougier, le PDG de l’Inra Philippe Mauguin, l’animateur TV Mac Lesggy et le journaliste Marc Mennessier abordent la thématique des fake news touchant l’agriculture.

Comment expliquer l’essor des fake news scientifiques ? Et comment faire face à ce phénomène, en particulier pour les acteurs du secteur agricole ? Des problématiques vastes, auxquelles s’est attaqué le Syrpa, syndicat des communicants en agriculture, le 17 avril, lors d’un débat organisé à Paris. Un premier constat, signé du politologue Eddy Fougier : « Les Français gardent une vision plutôt positive de la science, au sens large, et de sa capacité à répondre aux problèmes d’aujourd’hui. Mais ils se sentent de plus en plus aptes à juger, et à remettre en cause la voix des scientifiques, en particulier s’ils s’expriment sur des sujets précis, qui leur parlent. » L’animateur et producteur de télévision Mac Lesggy confirme : « Le consensus scientifique ne vaut pas plus que l’opinion d’un internaute, d’un twittos. »

Pesticides et OGM en première ligne

À l’origine d’une « dérégulation du marché de l’information », Internet et les réseaux sociaux sont au cœur de la problématique fake news, qui surfe également sur d’autres tendances, notamment le succès des informations anxiogènes. « La peur est plus grande pour ce qui est invisible, non maîtrisable… la quantité de pesticides utilisée dans un champ, et les traces qu’il en reste sur le légume produit, entre précisément dans cette case », souligne Eddy Fougier. L’ensemble des intervenants et participants du débat, issus du secteur agricole, identifient les pesticides comme un puits à informations erronées et stigmatisantes, tout comme les OGM.

La presse, au cœur du phénomène

« Rappelez-vous les gros titres lors de la parution de l’étude de Séralini sur les OGM en 2012, et le peu d’impact de l’expertise de l’Institut nationale de la recherche agronomique (Inra) sur cette étude, 6 ans et 15 M€ plus tard, qui n’a quasi pas fait de bruit », déplore Mac Lesggy. La presse serait-elle coupable de relayer davantage les « fake » que les « vraies » infos ? La tentation du sensationnel est à contenir, selon les témoins du débat, pour qui la responsabilité médiatique existe. « Les rédactions sont de moins en moins étoffées, et la formation scientifique des journalistes suit la tendance globale, c’est-à-dire qu’elle est de moins en moins poussée, souligne Mac Lesggy pour contextualiser. La presse n’a malheureusement pas la ressource, humaine et parfois financière, de certaines organisations militantes répandant les fake news. » Pour le journaliste du Figaro Marc Mennessier, la presse n’est pas la seule à devoir réagir : « Tout le monde, tous ceux qui ont des éléments de réponse objective à une fake news, doivent se mobiliser. Il faut être davantage déterminé à battre en brèche les informations erronées. »

Pour le scientifique, pas si facile de se positionner

Philippe Mauguin, PDG de l’Inra, estime que le scientifique doit se positionner. « L’Inra compte une trentaine de personnes dans la communication, avance-t-il. L’idée est de proposer des synthèses, plus abordables que des explications en longueur. C’est la difficulté : décrypter des phénomènes de plus en plus compliqués, quand beaucoup attendent des explications en 140 caractères ! » Selon lui, le scientifique doit s’efforcer de rester factuel et éviter les prises de paroles sensationnelles. « Nous ne répondrons jamais à ceux qui disent « les pesticides c’est le diable » par l’assertion « les phytos c’est génial ». Si nous tombons dans l’affrontement de principe, la cause scientifique est perdue d’avance ! »

La science peut-elle proposer ses propres ambassadeurs, face aux fake news ? « Le scientifique a peu à gagner à s’exposer : il sera mis en doute, critiqué, sa crédibilité et sa neutralité questionnée… », estime Mac Lesggy. Selon lui, la levée de boucliers, face à une fausse info, doit être « rationnelle et généralisée, de la part de tous ceux qui sont concernés : les agriculteurs, les filières, et bien sûr les scientifiques. »

Ils vous intéresseront peut-être

Une pensée sur “Agriculture et fake news scientifiques, une tendance difficile à enrayer”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *