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Au Salon de l’agriculture, le « sans résidu de pesticide » a la cote

C'est l'un des premiers enseignements de ce Salon de l'agriculture 2019 : les filières cherchent à répondre aux attentes sociétales autour des pesticides. Coopératives, entreprises, démarches volontaires… s'engagent dans le « zéro pesticides », travaillant leurs cahiers des charges propres.

Par Eloi Pailloux - Publié le 26/02/2019 à 18:03

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Demain la Terre propose deux nouvelles signatures valorisant le « sans pesticide » et le « zéro résidu de pesticide ».

Le « sans pesticide » a le vent en poupe. Le Salon de l’agriculture 2019 marque l’accélération de cette tendance, malgré le scepticisme de certaines ONG. Pas moins de trois démarches ont été présentée pour la seule journée du 25 février ! C’est notamment le cas de « Demain la Terre ». Celle-ci réunit treize entreprises agricoles sur le secteur des fruits et légumes, travaillant avec 160 producteurs », autour d’un cahier des charges présentant des critères de durabilité sociale et environnementale (eau, sol, biodiversité…). Onze d’entre elles s’engagent dans l’une et/ou l’autre des deux nouvelles signatures proposées : « Sans résidu de pesticide détecté » et « Cultivé sans pesticide de synthèse ».

Audits indépendants

« Sans résidu de pesticide détecté » cumule des obligations de moyens et de résultats. Les agriculteurs s’engagent à suivre des pratiques réduisant l’usage de pesticide, de manière à ce qu’aucun résidu ne soit détectable au moment de la commercialisation. Quant à « Cultivé sans pesticide de synthèse », l’étiquette implique de n’utiliser que les solutions utilisables en bio et le biocontrôle, telles que la réglementation les définit. Dans un cas comme dans l’autre, l’entreprise engagée se soumet à un audit indépendant.

Se différencier du bio

Bonduelle mise sur le « sans résidu de pesticides » pour se différencier, notamment du bio.

Autre démarche présentée ce jour, celle du groupe Bonduelle, qui lance une gamme « sans résidu de pesticides » sur trois variétés de salades – déjà en vente – et une de maïs, attendue pour avril. Un axe de différenciation assumée par la marque, face au bio plus « générique », explique le directeur général du groupe Bonduelle, Guillaume Debrosse. Une démarche qui s’inscrit dans la stratégie globale du groupe, qui ambitionne d’être « la référence du bien-vivre par l’alimentation végétale en 2025 ». Un réseau de fermes pilotes, lancé en 2009, travaille à la diminution de l’utilisation d’intrants dans les cultures de légumes de plein champs, afin que celle-ci soit si minime qu’elle ne soit pas détectable sur le produit final.

L’alliance fait la force

Dernière initiative de la journée, celle des coopératives bretonnes Prince de Bretagne, Savéol et Solarenn, qui s’associe autour d’une charte commune, pour produire des tomates labellisées « Cultivées sans pesticides ». Les trois structures représente la moitié de la production de tomates françaises. Chacune est engagée depuis plusieurs dizaines d’années dans la réduction de l’usage des pesticides, via l’utilisation de bourdons ou de la lutte biologique sous leurs serres. « On s’est aperçu que nos clients nous interrogeaient sur la différence entre nos démarches. Nous avons donc décidé d’harmoniser nos actions, et créer une troisième voie. La seule différence entre ce que nous faisons et l’agriculture biologique, c’est que nous n’avons pas de lien au sol », explique Christophe Rousse, président de Solarenn. Sur les trois prochaines années, l’alliance aimerait atteindre les 30 % de tomates sans pesticides labellisées.

Les représentants des coopératives bretonnes Prince de Bretagne, Savéol et Solarenn présentent les premières tomates « Cultivées sans pesticides ».

Quelle lisibilité pour le consommateur ?

Tous les porteurs l’affirment : la multiplication de ces signatures répond à une attente de plus en plus forte du consommateur. Reste à savoir si leur accumulation, avec des cahiers des charges légèrement différents, sera lisible pour le grand public. « Il y a un gros effort de pédagogie à faire, reconnait Marc de Nale, directeur de Demain la Terre, qui présente deux étiquettes différentes. Nous devons expliquer ce qu’il y a derrière chaque démarche, pour ne pas créer de confusion. À nous, par exemple, d’expliquer que « zéro pesticide détecté » est plus exigeant que « sans pesticide quantifié », qui signifie qu’il y a bien des résidus, même si trop peu pour être mesurés. »

Du côté breton, l’optimisme est de mise. « D’autres créeront peut-être de la confusion en parlant par exemple de résidus. Mais avec notre label « Cultivées sans pesticides », le message est clair ! », assure Pierre-Yves Jestin, président de Savéol.

Eloi Pailloux & Laure Hänggi

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