Le site de l'agriculture et de l'alimentation durable
S'inscrire gratuitement à la newsletter S'abonner au mag Newsletter Mag
Cultures

La lavande a pratiquement doublé ses surfaces françaises en dix ans

Abeilles

Un projet de décret éclaircit l’origine des différents miels en cas de mélange

Modes de production

Coup de froid pour les partisans des serres chauffées en bio

Modes de production

Serres chauffées en bio, ultimes passes d’armes entre partisans et opposants avant la décision de l’Inao

Alimentation

Restauration collective, Montreuil (93) veut 70 % de bio dans les assiettes

fruits-et-legumes

Le cornichon français reprend des couleurs !

Éric Gouard s'est lancé en 2016 dans la culture de cornichons, sous contrat avec l'entreprise Reitzel. Cette diversification lui apporte un complément de revenu, en dehors des fraises, poireaux et asperges. Le plus difficile est de trouver et fidéliser la main-d'œuvre pour la récolte, entièrement manuelle.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 03/01/2019 à 17:02

Commenter

Partager :

Éric Gouard optimise l’utilisation de l’eau grâce à un système de goutte-à-goutte. Le sol est protégé avec un film plastique pour limiter l’évaporation de l’eau et l’apparition de mauvaises herbes.

« Mon père cultivait des cornichons il y a plus de vingt ans, mais je n’ai pas continué, faute de prix rémunérateurs », raconte Éric Gouard, qui s’est installé en 1991 sur l’exploitation familiale à Maslives, dans le Loir-et-Cher. Pourtant, en 2016, quand le conseiller de la Chambre d’agriculture lui propose de relancer cette production sous contrat avec la société Reitzel, il accepte de diversifier ses cultures et commence sur 1,5 hectare. « J’avais l’assurance que ma récolte serait achetée à un prix garanti », précise-t-il. « Même en cas d’aléa climatique, le transformateur s’engage à payer au minimum le prix de l’investissement », complète Brice Canivet, directeur des achats de Reitzel.

De modeste besoins en pesticides

L’agriculteur produit aujourd’hui trois hectares de cornichons. « Nous proposons quatre variétés différentes, Ajax, Kybria, Liszt et Madita, ce qui permet d’étaler les maturités », précise Brice Canivet, très présent auprès des producteurs dans la conduite de leur culture. « La diversité des variétés et le respect des rotations aident d’ailleurs à réduire les risques de maladies », insiste quant à lui Christophe Fleurance, le technicien de la Chambre qui suit les agriculteurs sur le département. La culture est peu sensible aux maladies. L’agriculteur n’utilise pas d’insecticide sur ses cornichons : « Nous laissons les équilibres naturels s’organiser », sourit-il.

Démarche de progrès collective

Les cornichons sont préparés et conditionnés dans les deux usines de l’entreprise Reitzel, l’une à Bourré, dans le Loir-et-Cher, et l’autre à Connéré, dans la Sarthe.

Les producteurs du département échangent entre eux dans le cadre du réseau des fermes Déphy. Ils ont même mis en place des groupes sur l’application WhatsApp pour se tenir informés de l’évolution de leurs cultures. Les leaders, comme Éric Gouard, sont heureux de voir se lancer de nouveaux producteurs et d’échanger sur leurs pratiques. « Par exemple, la culture sous serre, rentabilisée par la production connexe de fraises, peut être intéressante car la récolte est plus facile et les températures plus constantes », explique l’agriculteur. Le cornichon apprécie en effet les températures comprises entre 20 et 25 °C et n’aime pas qu’elles tombent en dessous de 15 °C la nuit.

La récolte, non mécanisable, s’effectue quotidiennement, de juillet à fin août. « Le plus difficile est de bien orienter les cueilleurs sur le calibrage », soutient l’agriculteur, qui emploie les mêmes 35 saisonniers bulgares chaque année. Les prix varient en effet de 1 à 10 suivant la taille, les plus petits étant les mieux payés, à raison de 6,15 euros le kilo. Sachant qu’en une journée, le cornichon peut doubler de volume, la planification est cruciale.

Claire Nioncel

Ils vous intéresseront peut-être

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *