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Glyphosate, les urines de la discorde

Alors que la recherche de glyphosate dans les urines est devenue une arme de communication dans les débats sur la molécule polémique, la question de la méthode d'analyse prend de l'épaisseur : les deux types de tests pratiqués semblent aboutir à des résultats discordants…

Par Eloi Pailloux - Publié le 22/10/2019 à 17:35

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Des pisseurs involontaires affichent la quantité de glyphosate détectée dans leur urine – capture d’écran du clip de présentation campagneglyphosate.fr

Le feuilleton portant sur la présence de glyphosate dans les urines de consommateurs et d’agriculteurs rebondit. Le 15 octobre, un agriculteur de la Vienne, Jean-René Gouron, témoigne dans la Nouvelle république : il a effectué deux types de test visant à détecter du glyphosate dans les urines, pour des résultats discordants. Le test (Elisa) pratiqué dans le cadre du mouvement « Campagne glyphosate », visant à interdire la molécule, est positif. Mais le protocole réalisé au CHU de Limoges (la chromatographie), avant et après ce résultat, s’est avéré négatif, les deux fois.

Résultats discordants

Ce cas isolé ne permet pas de conclusion définitive, mais il valide une question posée depuis la rentrée : la méthode de test a-t-elle un effet sur le résultat ? Début septembre, vingt agriculteurs morbihannais affirmaient qu’il n’y avait aucune trace de glyphosate dans leur pipi, selon un test pratiqué au CHU de Vannes. Et ce, alors que « Campagne glyphosate », qui invite tout consommateur volontaire à soumettre ses urines afin d’y chercher des traces de la molécule, communique sur des résultats positifs quasi systématiques. Le chercheur Frédéric Suffert expliquait alors à Campagnes et environnement que les méthodes de détection utilisées étaient différentes. Et appelait à des tests « croisés » pour éclairer ce constat.

Trancher la question n’est pourtant pas miction impossible

Plusieurs voix s’élèvent pour critiquer le test Elisa, fiable uniquement s’il est réalisé dans des conditions précises (température, temps de contact lors du test…), et susceptible de détecter des dérivés de molécules autres que le glyphosate utilisées dans tous les foyers (lessive…). Rien ne permet, à ce stade, d’incriminer ou de dédouaner le laboratoire allemand qui analyse les échantillons de Campagne glyphosate, pour d’éventuels biais de protocole.

Pour Anthony Guihur, créateur du collectif « No Fake Science » et chercheur en biologie moléculaire végétale à l’Université de Lausanne, trancher la question ne serait pas si compliqué. « Il suffit de tester des échantillons d’eau avec des doses précises de glyphosate avec les deux méthodes, suggère-t-il. Une manière simple de déterminer leur fiabilité. » Plusieurs acteurs de l’agriculture, lassés par la polémique, seraient prêts à financer une telle expérimentation pour faire la lumière sur ce débat. En attendant, Anthony Guihur rappelle que détection ne signifie pas danger : « Même si les taux relevés dans les urines des « pisseurs volontaires » correspondaient réellement à du glyphosate, les quantités évoquées sont clairement sans risque pour la santé. »

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3 réponses sur “Glyphosate, les urines de la discorde”

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