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Hausse des prix des matières premières, les filières volailles de qualité s’inquiètent

Alors que l'engagement dans des cahiers des charges de qualité est parfois considéré comme un levier de création de valeur pour les filières agricoles, le Syndicat national des labels avicoles français (Synalaf) tire la sonnette d'alarme. Son président, Bernard Tauzia, rappelle que le coût des matières premières flambe également pour les élevages bio et Label rouge.

Par Eloi Pailloux - Publié le 11/01/2022 à 17:02

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Crédit : Synalaf

Fin 2021, le Synalaf s’inquiétait de la hausse des prix de production et de son impact pour les filières volailles de qualité. Qu’en est-il ?

Bernard Tauzia : L’ensemble des coûts de production sont à la hausse, de l’énergie à la main d’œuvre, en passant par le transport. Mais nous constatons surtout une hausse très importante du cours des matières premières, en particulier pour les aliments de nos élevages. Notre institut technique, l’Itavi, utilise un indice spécifique afin de l’évaluer. Pour les poulets, par exemple, on constate que les filières sous label ne sont pas épargnées, au contraire, avec + 28 % sur un an, contre 27,1 % pour le poulet standard. Malheureusement, ces hausses ne sont pas prises en compte par la grande distribution. Les négociations pour 2022 ont lieu en ce moment-même. Nous ne sommes pas loin d’aboutir à un accord acceptable, mais pour le moment, le compte n’y est pas. La grande distribution souhaite proposer des prix bas aux consommateurs.

Quel message adressez-vous à ces derniers ?

B.T. : Les consommateurs plébiscitent ouvertement les signes officiels de qualité. Ce sont eux qui ont le dernier mot et qui peuvent consentir à un surcoût solidaire. Nous estimons qu’il faudrait augmenter le prix des poulets Label rouge et bio de 0,70 € par animal. Pour les œufs, la boite de six en Label rouge coûterait 0,12 € de plus, et en bio, ce chiffre s’élève à 0,30 € pour garantir le revenu des éleveurs. Ça les vaut ! Nos labels répondent parfaitement aux attentes sociétales : ces cahiers des charges imposent que les animaux soient dehors la journée, qu’ils atteignent un âge minimum avant l’abattage, et drainent des contrôles très réguliers par des organismes d’audit indépendants. Nous réalisons également des tests réguliers concernant l’aspect gustatif.

Dans ce contexte, peut-on imaginer que les engagements dans ces cahiers des charges continuent à se développer ?

B.T. : La filière ne demande qu’à accompagner davantage d’éleveurs vers ces labels. Mais pour le moment, nous sommes précisément limités par le marché. À ce stade, le Label rouge représente 15 % de parts de marché pour la volaille de chaire en France et le bio, 2 %. Les poulets fermiers, qui pèsent pour 3 % de la production française, n’entrent pas dans le cadre du Synalaf, mais ils contribuent à ce que la volaille de plein air représente 20 % de parts de marché. Concernant les œufs, c’est le bio qui est plus fréquent (15 %) que le Label rouge (6 %). Cela concerne environ 6 000 éleveurs, en comptant la vingtaine de bassins de production répartie sur le territoire français, et plus de 30 000 emplois, en comptant l’ensemble des filières.

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