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La hausse des coûts de production frappe les arboriculteurs « vergers écoresponsables » en pleine poire

L’année 2021 a été difficile pour les pomiculteurs, qui ont vu une augmentation des coûts de production, non répercutée sur les prix de vente, faire baisser leurs revenus. Pour Culture Agri, Josselin Saint-Raymond, directeur de l’Association nationale pomme-poire (ANPP) qui porte le label « vergers écoresponsables », revient sur les difficultés rencontrées.

Par Eugénie Bourgeois - Publié le 07/02/2022 à 14:35

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Les producteurs « vergers écoresponsables » ont subi, en 2021, une forte augmentation de leurs coûts de production. Dans un communiqué daté du 31 janvier, l’Association nationale pommes poires (ANPP) fait un bilan sur la campagne en cours. Josselin Saint-Raymond, directeur de l’ANPP, précise pour Culture Agri certains points évoqués.

AUGMENTATION DES COÛTS DE PRODUCTION, BAISSE DE LA RÉMUNÉRATION DES PRODUCTEURS

La hausse du prix de l’électricité a multiplié par deux voire trois le coût du stockage des pommes, ce qui peut amputer jusqu’à 15 % la rémunération des producteurs. « Le prix de l’électricité est une charge particulièrement importante pour un fruit comme la pomme, pouvant passer jusqu’à un an dans des réfrigérateurs », insiste Josselin Saint-Raymond. Si l’État a pris des mesures afin de limiter la hausse pour les ménages et les entreprises les plus énergivores, ce n’est pas le cas pour le secteur des fruits et légumes. L’ANPP appelle le gouvernement à ouvrir ce dispositif à la filière pomme.

Pour ne rien arranger, la filière pomicole souffre du gel qui a limité la production 2021 et qui a fait augmenter les coûts de production de presque 10 centimes par kilo. Les dispositifs de lutte anti-gel, tels que les bougies, nécessitent un temps de présence. « Ils peuvent coûter jusqu’à 1000 € par nuit et par hectare », précise le directeur de l’ANPP. Un éclaircissage manuel est également nécessaire au mois de juin afin d’éliminer les fruits se développant anormalement, coûtant environ 400 € par hectare. Les arbres produisant en moyenne 20 à 30 % de fruits en moins, la récolte est également plus longue et donc plus coûteuse.

Le prix des intrants a lui aussi augmenté et représente une dépense plus importante que les années précédentes. À cela s’ajoute l’obligation d’utilisation d’emballages cartons et la hausse des coûts du transport qui font encore grimper la facture et se répercutent directement sur la rémunération des producteurs. Pour la majorité des variétés, les prix de ventes sont sensiblement les mêmes que ceux de l’année dernière, ce qui participe à mettre en difficulté les producteurs. 

UNE PRODUCTION QUI RESTE SUFFISANTE POUR APPROVISIONNER LE MARCHÉ

Malgré l’impact du gel sur la récolte 2021, les stocks constitués sont suffisants pour approvisionner le marché français. En effet, 1 363 000 tonnes de pommes ont été récoltées en 2021. Au 31 janvier 2022, le stock de pommes s’élevait toujours à 597 000 tonnes, soit 5 % de plus que l’année précédente. 

LES TITULAIRES DU LABEL S’INQUIÈTENT POUR L’AVENIR

Le label « vergers écoresponsables » implique de la part des arboriculteurs d’intégrer la protection de la biodiversité, en particulier l’abeille domestique, à leurs pratiques. Il représente 70 à 80 % des parts du marché français de la pomme. Les producteurs sont cependant moins compétitifs à l’export en raison du plus faible intérêt des consommateurs étrangers pour les pratiques agroécologiques, qui rendent les fruits plus chers.

Parmi les autres motifs d’inquiétudes, la filière craint une possible réglementation française interdisant le stickage, qui rend ce label directement visible sur les fruits. Josselin Saint-Raymond s’inquiète : « Si on ne voit plus la valeur ajoutée des fruits « vergers écoresponsables », rien ne distingue nos pommes des autres, ce qui risque de tirer les prix vers le bas. »

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