Le magazine de l’agriculture durable
S'inscrire gratuitement à la newsletter S'abonner au mag Newsletter Mag
Alimentation

Agribalyse souligne les limites de l’impact environnemental de l’alimentation

Modes de production

Ynsect construit la plus grande ferme verticale du monde

Politique

Betterave, les députés valident des dérogations pour les néonicotinoïdes

Initiative

Une plateforme collaborative pour préserver les terres agricoles

Politique

ImPACtons, les citoyens ont pris la mesure de la complexité de l’agriculture

Coronavirus

La pisciculture veut sortir la tête de l’eau

Après une chute de 15% de l'activité en mars, les éleveurs de poissons financent une campagne pour dynamiser la consommation.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 08/06/2020 à 11:59

Commenter

Partager :

Il n’est pas du genre à se plaindre. Plutôt à foncer droit devant. Emmanuel Coupin, 48 ans, propriétaire de la pisciculture de Villette (Yvelines) située à 60 km de Paris multiplie les activités pour sortir de la crise. Dès mars, la fermeture des restaurants et l’arrêt de la pêche de loisirs ont provoqué une chute de chiffre d’affaires de 80 000 euros sur un total annuel de 1 million. « C’est la première fois que je subis un tel recul d’activité. Je m’estime cependant très privilégié par rapport aux restaurateurs et aux sites touristiques. Et je perçois une vraie solidarité avec le sentiment que l’on vogue tous sur une barque géante. »

Cet ingénieur spécialisé dans le traitement de l’eau qui a repris avec sa compagne l’entreprise de ses parents en 2000 s’active sur un site verdoyant de 3 hectares, divisé en une quinzaine de bassins et d’étangs pour les truites et les saumons. En atelier, ses équipes préparent des poissons fumés et des conserves. Un parcours découverte est aussi conçu pour les familles avec un écomusée. Enfin, Emmanuel Coupin vend des poissons vivants aux associations de pêche, et des carpes Koï issues de la tradition japonais à des amateurs éclairés.

« Une administration très réactive »

Emmanuel Coupin, propriétaire de la pisciculture de Villette (Yvelines) multiplie les activités pour contrer la crise.

Pendant le confinement, la vente directe et le dynamisme des épiceries de la capitale ont compensé la chute de la pêche de loisir. « A cette période, nos revendeurs ont augmenté leurs commandes de 50%, assure le pisciculteur. Nous avons séduit de nouveaux clients. Ils ont découvert qu’ils pouvaient acheter des truites fraîches et locales ». Résultat : Villette n’a pas eu besoin de crédit de l’Etat. En revanche, six salariés sur huit sont passés en RTT en mars, et en chômage partiel en avril. Emmanuel Coupin, qui ne s’est pas versé son salaire de février, salue au passage « la réactivité de l’administration ».

Il a vraiment apprécié la décision du préfet d’autoriser la pêche de loisir à partir de la mi-mai. Un vrai ballon d’oxygène. Villette a attiré les Franciliens ravis de sortir de leurs quatre murs. Optimiste, Emmanuel Coupin espère un afflux de visiteurs en juillet-août puisque les Français auront tendance à rester dans l’Hexagone. Au final, seules les ventes aux associations de pêcheurs sont perdues car la saison est terminée.

Parrainage d’émissions télévisées

Il faut maintenant que la consommation des ménages reste dynamique. Ce patron qui travaille sept jours sur sept mise beaucoup sur la campagne de publicité financée par le CIPA (comité interprofessionnel des produits de l’aquaculture). L’organisme représente 350 entreprises réparties entre éleveurs de poissons d’eau douce et de mer, fabricants d’aliments… A la fin mars, la profession estime à 9 millions d’euros la perte en chiffre d’affaires, soit une baisse de 15% par rapport à mars 2019. « Dès le début de la crise, nous avons compris que le consommateur était soucieux de l’origine France des produits. Il souhaitait établir un lien avec le production. C’est pourquoi cette campagne d’image leur présente notre métier », précise Marine Levadoux, directrice générale du CIPA.

Dès le 18 mai, le grand public a découvert des parrainages d’émissions télévisées (TF1 et France télévision), des informations sur le réseau France Bleue et le site pisciculteurs-de-france.fr. « Aujourd’hui, les signaux des consommateurs sont positifs, surtout en zone verte où la restauration est repartie », assure Marine Levadoux, qui préfère toutefois attendre septembre pour dresser un bilan définitif. « Difficile de savoir si des structures seront trop fragilisées pour continuer leur activité. Tout dépendra du comportement des consommateurs. »

Marie Nicot

Ils vous intéresseront peut-être

2 réponses sur “La pisciculture veut sortir la tête de l’eau”

Répondre à Dr Hamet Diaw DIADHIOU Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *