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Un cri de détresse, mais aussi un premier avertissement à l'intention du gouvernement. C'est ce qu'ont voulu mettre en avant la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et Jeunes Agriculteurs, lors d'une journée de mobilisation organisée le 8 octobre. La déconsidération du secteur, entre autres sujets d'inquiétude, est au cœur du mal-être exprimé.

Par Laure Hänggi - Publié le 08/10/2019 à 19:01

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Arnaud Gaillot et Samuel Vandaele, secrétaire général et président de Jeunes agriculteurs, et Christiane Lambert et Jérôme Despey, présidente et secrétaire général de la FNSEA.

« C’est un cri du cœur lancé par l’agriculture aujourd’hui. Nous demandons clairement à la France si elle veut encore de ses paysans, alors que les critiques sont incessantes. » La présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, Christiane Lambert, commente le 8 octobre, la journée de mobilisation organisée par son syndicat et Jeunes Agriculteurs. Si certains sujets très « politiques », tels que les grands accords commerciaux, sont en cause, les attaques régulières dont sont victimes les agriculteurs et la « déconsidération » du secteur, sont mis en avant.

Les représentants des deux syndicats n’ont pas caché leur colère face à cette situation, tout en voyant dans le succès de cette journée un motif d’espoir. Selon les chiffres avancés, 10 000 agriculteurs se sont mobilisés dans tous les départements du pays. Cent opérations escargots ou de blocages étaient enregistrées à 13h. « Ça fait plaisir ! Pour nous, cette mobilisation et un message à destination des consommateurs et du gouvernement, assure Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA. C’est une grande réussite. »

#TweetLive en direct du rond-point de l’🇪🇺🇪🇺🇪🇺. Il y a un peu de 🚜🚜🚜. #manifestation #AgriculteurS #AgricultureS
STOP STOP STOP #agribashing pic.twitter.com/dMt04zHbX1

— GUYOT Vincent (@GuyotVincent02) 8 octobre 2019


Une deuxième campagne à venir, plus proche du consommateur

Le récent emballement médiatique autour de la question des zones de non-traitement (ZNT) de pesticides, à proximité des habitations, n’a fait que renforcer un « ras-le-bol » déjà bien établi. « Ce n’est pas possible de dire qu’une agriculture sans pesticides est envisageable. Quand on est malade, on se soigne. Dès que des alternatives sont disponibles, les agriculteurs y ont recours », rappelle avec force Christiane Lambert.

Les deux syndicats ont d’ores et déjà prévu une seconde phase d’action, qui doit permettre d’associer davantage les consommateurs et les citoyens. La semaine prochaine, des agriculteurs se rendront dans des magasins pour coller des étiquettes « je sais d’où ça vient » ou « je ne sais pas d’où ça vient » pour alerter sur le manque de transparence sur l’origine des produits alimentaires. Une rencontre avec le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, est prévue dès ce soir. Les deux syndicats ont déjà prévu de se remobiliser, le 22 octobre, si les réponses apportées par le gouvernement ne leur semblent pas satisfaisantes.

Le secteur s’efforce de cultiver le dialogue

Ces manifestations ne sont que les plus récentes tentatives, de la part du secteur agricole, de faire entendre sa voix, et d’expliquer sa réalité. Dans le courant du mois de septembre, plusieurs « feux de la colère » ont été allumés dans des parcelles, à la nuit tombée, plus particulièrement en Île-de-France. Suivant l’exemple d’une démarche initiée en Allemagne, plusieurs agriculteurs français ont planté des croix vertes symboliques dans leurs champs, à proximité des axes routiers, pour sensibiliser les automobilistes. En parallèle, des hashtags correspondant à ces initiatives ont fleuri sur les réseaux sociaux.

Demain, je pose ma croix verte #Greencrosses#jesuisdétruit https://t.co/UDP4CncY2q

— GUYOT Vincent (@GuyotVincent02) 18 septembre 2019


D’autres symptômes d’une agriculture en mal de communication et de compréhension sont perceptibles depuis la rentrée. Le lancement d’un numéro vert, par des agriculteurs, pour répondre directement aux questions des consommateurs, ou d’une cagnotte pour financer des outils de communications auprès du grand public, en sont les exemples. La proposition faite aux citoyens, par d’autres exploitants, de monter dans une moissonneuse batteuse ou de visiter des élevages, ou encore de venir trinquer à l’occasion de la moisson, complète la liste des initiatives déjà existantes. Reste à savoir si cette mobilisation atteindra sa cible, le grand public, et si elle suffira à renouer le dialogue…

Laure Hänggi & Eloi Pailloux

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2 réponses sur “L’agriculture, mobilisée pour se faire entendre des politiques… et des consommateurs”

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