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Le tribunal des générations futures juge l’agriculture indispensable à l’avenir de la France

Témoins, jurés, procureur, avocat de la défense… c'est un véritable procès qui s'est tenu à Lyon, le 13 décembre. Et l'agriculture a été déclaré… indispensable à la France, à l'issu d'une délibération unanime. Retour sur l'évènement.

Par Eloi Pailloux - Publié le 14/12/2018 à 18:01

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La séance était ouverte au public : plus de 300 personnes, dont de nombreux étudiants de l’Isara, ont assisté au procès de l’agriculture.

Oui, la France a encore besoin de ses agriculteurs ! C’est le verdict unanime du tribunal des générations futures, rendu la 13 décembre. Au banc des accusés, l’agriculture, que le jury a donc considérée comme indispensable pour l’avenir. Le procès était organisé par le Cercle Prospective des filières agricoles et alimentaires, et s’est tenu en séance publique devant plus de 300 personnes, dans les locaux de l’Isara, école d’ingénieurs agronome de Lyon.

Quatre témoins, et des sujets qui fâchent

Quatre témoins ont été appelés à la barre : Sylvie Brunel, géographe, économiste et écrivain ;
Alexis Roux de Bézieux, président de la Fédération nationale de l’épicerie ; Stéphane Aurousseau, éleveur et président d’un institut de formation dédié aux agriculteurs ; et Olivier Duchêne, chercheur travaillant sur la réhabilitation de céréales anciennes. Interrogés successivement par le procureur et l’avocat de la défense, ils ont apporté leur vision de l’agriculture, actuelle et à venir. Y compris sur les sujets qui fâchent : pesticides, dont évidemment le glyphosate, bien-être animal, faisabilité d’une alimentation locale et bio…

« Qu’on coupe la tête des agriculteurs »

Olivier Duchêne, chercheur travaillant sur la réhabilitation de céréales anciennes, cuisiné par le procureur DumDum.

Le suspense n’était pas l’enjeu principal de l’évènement. D’autant que le procureur était… un agriculteur, présenté sous son pseudonyme sur Twitter, DumDum. Son réquisitoire a pris la forme d’un raisonnement par l’absurde, caricaturant à la fois une agriculture pollueuse « n’ayant plus sa place dans un pays raffiné », et les consommateurs. Sa conclusion ? « Qu’on coupe la tête des agriculteurs avant qu’ils ne se pendent ! »

Une préparation idéale pour la plaidoirie d’Anne-Claire Vial, agricultrice et présidente du « laboratoire d’idée » Sol et Civilisation. « Avant de parler d’en finir avec l’agriculture, qui parmi nous a arrêté de manger ? », a-t-elle lancé. Avant d’appeler à faire confiance aux agriculteurs, « qui n’ont jamais été mieux formés qu’aujourd’hui. » Sans surprise, les cinq jurés se sont donc prononcés en faveur du maintien de l’agriculture, sous les applaudissements d’une assemblée convaincue.

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