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Les agriculteurs en quête de saisonniers

En raison de la pandémie, les maraîchers cherchent des volontaires pour les premières récoltes de fraises et d'asperges.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 20/03/2020 à 14:36

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En contrepoint du bel accent chantant et rocailleux du sud de la France, l’anxiété est perceptible. André Bernard, maraîcher à Uchaux près d’Orange (Vaucluse) est en quête d’une dizaine de saisonniers pour récolter les fraises parvenues à maturité avec une dizaine de jours d’avance en raison d’une météo clémente.

Ce solide méridional qui préside la chambre d’agriculture du Vaucluse n’est pas un débutant. Il produit en famille des betteraves, des tomates, des céréales, de l’ail sur un domaine de 120 hectares. Mais il a beau fouiller dans sa mémoire, il n’a jamais connu une telle situation : « La lutte contre le Covid-19 bloque la circulation des ouvriers agricoles. Beaucoup de Marocains et de Tunisiens qui d’habitude travaillent chez nous jusqu’en octobre sont absents. Ceux de l’Est de l’Europe manquent à l’appel. Et je ne suis pas certain que les Espagnols ou les Portugais pourront les remplacer. » Pourtant il y a urgence. Si les fraises pourrissent, elles risquent d’empêcher les plus petits fruits de croître. André Bernard redoute la perte de 10% de sa production soit 40 000 euros de chiffre d’affaires.

270 000 saisonniers

Photo : Les Côteaux Nantais

Et il n’est pas le seul à s’alarmer. En plus des fraises, d’autres producteurs doivent récolter en ce moment des asperges et planter des melons. L’agenda printanier est serré : cueillette des cerises mi-avril, des abricots et des pêches à partir de mai…

Chaque saison estivale, 3500 contrats dits OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) sont signés dans le Vaucluse, et 5000 dans les Bouches-du-Rhône. Selon la Dares (1), près de 270 000 saisonniers ont travaillé dans les campagnes françaises d’avril 2018 à mars 2019. A partir de mars et jusqu’à l’automne, les agriculteurs de PACA, d’Occitanie, du Val de Loire, et des régions viticoles sont en quête de volontaires. Nul ne sait combien seront au rendez-vous. Aujourd’hui, Pole Emploi, L’ANEFA (2) qui est la bourse d’emplois agricoles et le bouche-à-oreille ne répondent pas à la demande.

Une quinzaine de « missions » sur WiziFarm

Alors que faire? La FNSEA a tiré la sonnette d’alarme. Sa présidente, Christiane Lambert a lancé jeudi lors d’une interview accordée à LSA « un appel aux personnes qui se retrouvent au chômage technique pour qu’elles puissent venir aider ». Le syndicat agricole propose que les pouvoirs publics encouragent la mobilité et déplafonnent les heures supplémentaires.

« Les étudiants et les saisonniers du tourisme doivent arriver en renfort! », s’emporte André Bernard. Plus facile à dire qu’à faire. Certes, dans la famille Bernard tout le monde remonte ses manches y compris la petite dernière qui est en lycée agricole. Mais l’obligation de confinement freine les déplacements. Pour quelques semaines, la lutte contre la propagation du virus dicte sa loi. Et les saisonniers de la restauration ou de l’hôtellerie ne vivent pas forcément à proximité des vergers.

Ceux qui pourraient se rendre disponibles localement peuvent se connecter sur le site WiziFarm. Solidaire et malin, le spécialiste des solutions numériques au service des agriculteurs propose gratuitement une mise en relation entre employeurs et candidats. Tractoriste, chauffeur, tâcheron, ouvrier viticole… Une quinzaine d’offres sont à saisir sur la page. Désormais, on recrute aussi en circuit court.

Marie Nicot

(1) La Dares ou direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques dépend du ministère du Travail.

(2) ANEFA : Association Nationale pour l’Emploi et la Formation Agricole.

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6 réponses sur “Les agriculteurs en quête de saisonniers”

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