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Peste porcine africaine : pour préserver ses élevages, la France ferme ses frontières… aux sangliers

Les épidémies touchant les animaux d'élevage font beaucoup de bruit une fois déclenchées. Pour les autorités sanitaires, le travail ne se cantonne pas à la gestion de crise, mais aussi à l'anticipation. Les mesures déroulées depuis septembre 2018 à la frontière avec la Belgique, touchée par la peste porcine africaine, illustrent ce travail de l'ombre, mené en préventif.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 21/01/2020 à 15:26

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Les crises sanitaires peuvent avoir des impacts très lourds pour les filières d’élevage. Les épizooties de la vache folle dans les années 1990 ou plus récemment la grippe aviaire, avaient généré d’importantes mesures d’abattage, d’animaux malades mais aussi d’animaux sains, en préventif. Les autorités concernées agissent aussi en amont, pour éviter les contaminations. C’est le cas pour la peste porcine africaine (PPA). Une menace pratiquement pas médiatisée, et pour cause : la France est encore indemne. Un statut qui ne coule pas de source : une batterie de mesures est déployée depuis septembre 2018, et l’apparition de la maladie dans les élevages de Belgique. Comme pour la grippe aviaire, préserver les élevages est compliqué par la transmissibilité de la maladie via les animaux sauvages, ici les sangliers

Clôtures et abattage de sangliers

La France et la Belgique ont donc mis en place plusieurs dizaines de kilomètres de clôtures à la frontière. En outre, plusieurs « zones blanches » ont été instaurées dans certaines forêts « stratégiques », propices au déplacement des hordes. Autrement dit, des mesures drastiques de dépeuplement des sangliers sont appliquées dans ces zones, mais également des restrictions complémentaires sur les activités forestières de loisir ou professionnelles. Des mesures qui ont un coût. Si les autorités sanitaires en assument directement certaines, comme la pose de clôture, elles proposent des aides pour mobiliser les acteurs locaux : chaque sanglier chassé et ramassé dans le respect des règles de biosécurité donne lieu à une enveloppe de 100 euros.

Les éleveurs mis à contribution

Les éleveurs doivent se conformer à un certain nombre de règles de biosécurité, comme par exemple l’installation de clôture entre l’élevage, ses points d’eau, et l’extérieur. Ce qui n’est pas toujours simple, notamment dans des élevages de plein air mal configurés pour l’installation de clôtures… En janvier 2019, le vice-président de la Chambre d’agriculture des Ardennes soumettait d’ailleurs plusieurs propositions à Didier Guillaume, afin de mieux accompagner les éleveurs de porcs, techniquement et financièrement.

Des enjeux psychologiques et touristiques

L’enjeu dépasse la stricte dimension sanitaire, et revêt une importance… psychologique. « La découverte d’un cas de PPA en France susciterait la suspicion sur l’élevage concerné et plus largement la région, alors que les normes de biosécurité permettent d’enrayer les risques. Mais l’impact psychologique sur l’état de la filière se ferait ressentir immédiatement », glisse Cécile Malvaux, présidente du groupement de défense sanitaire des Ardennes.

Pour finir de compliquer cette lutte préventive contre le virus, le danger peut aussi venir… du ciel. Si les sangliers ne volent pas, les touristes, si ! La PPA est implantée notamment en Asie, et lors de l’été 2019, un morceau de viande de porc infecté a été intercepté dans les bagages d’un passager irlandais revenant d’Asie.

L.H. et E.P.

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