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Pesticides et agressions d’agriculteurs : causer plutôt que cogner

Le sujet des pesticides en agriculture est sensible. Après deux agressions de producteurs, l'expression « Cognons sur les empoisonneurs », utilisée par le compte Twitter du collectif Nous voulons les coquelicots, a créé la polémique. Derrière cette actualité, et le sens de ces mots plus ou moins assumés au sein du mouvement, une nécessité pour l'agriculture : continuer à favoriser le dialogue constructif.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 16/04/2019 à 15:06

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Début mars, dans l’Ain, et plus récemment dans les Bouches-du-Rhône, deux agriculteurs, le second travaillant en bio, ont été pris à parti au moment d’épandre des produits de protection sur leurs cultures. Des incidents qui ont suscité l’émotion au sein de la profession. Un phénomène pas si marginal, comme le rappelle Christian Durlin, administrateur de la FNSEA : « Sur le terrain, les interpellations d’agriculteurs ne sont pas rares, même si elles n’aboutissent – heureusement – pas toujours à une agression physique. »

[18 MAI] Nous, coquelicots, serons dans les rues de #France pour marcher contre #Monsanto et consorts.
Contre ce hold-up sur notre histoire commune.
Contre le #glyphosate qui cache la forêt toxique.
Cognons ensemble sur les empoisonneurs! https://t.co/A1EoTiMwpr

— Nous voulons des Coquelicots (@coquelicots_) 11 avril 2019

Le choc des mots

Dans ce contexte, le choix des mots de la démarche Nous voulons des coquelicots (« Cognons sur les empoisonneurs »), dans un tweet daté du 11 avril, suscite la polémique. Porte-parole de Générations futures, François Veillerette tient à préciser : « Je ne l’aurais personnellement peut-être pas écrit comme cela, mais soyons clairs : les agriculteurs ne sont pas visés. Le tweet cible clairement les firmes de l’agro-chimie, dans le cadre d’une marche d’opposition à Monsanto. Le verbe « cogner » se veut évidemment imagé. » Fabrice Nicolino, fondateur du mouvement, précise de son côté que « ce tweet est parti trop vite, nous n’avons pas retenu ce mot dans notre communiqué final concernant la marche contre Monsanto. » Selon lui, la polémique a enflé de manière démesurée, sous l’impulsion d’acteurs du monde agricole « trop heureux de ne pas répondre sur le fond ». François Veillerette fait ainsi remarquer : « Les condamnations d’agri-bashing ont ceci de commode qu’elles permettent de décrédibiliser toute critique contre l’agriculture… Cela permet de ne pas avoir à s’expliquer, ou à évoluer. »

Il y a un moment où il convient de s’interroger sérieusement entre les liens pouvant exister entre le choix d’un vocabulaire anxiogène et belliqueux dans sa communication, et les réactions épidermiques et brutales des gens qui l’écoute. pic.twitter.com/HRN8roJavD

— Bunker D (@Bunker_D_) 11 avril 2019

De la réserve chez certains adeptes des coquelicots

Chacun aura compris que l’appel à en découdre n’est pas à prendre au pied de la lettre. Pour autant, le choix du champ lexical sur les réseaux sociaux a son importance. En montant d’un cran, il attise les défiances. Plusieurs structures soutenant les « Coquelicots » se défendent de tout appel à la violence. France Nature Environnement préfère interpeller les politiques. Claudine Joly, qui gère le dossier des pesticides chez FNE, réagit : « Je ne suis pas étonnée qu’il y ait des gens qui se radicalisent, c’est l’aboutissement de dix années de politique sans résultat. Mais il y a une différence entre interpeler le monde politique et passer à l’acte. » Du côté de l’ONG Noé, Manon Castagne prend également ses distances avec ce tweet : « Nous espérons qu’il s’agit d’une métaphore malheureuse, et pas d’un appel à la violence. Nous nous étonnons d’ailleurs que les gérants du mouvement ne soient pas revenus sur ces propos, qui ne collent pas à son ADN, tel que nous le concevons. »

Rétablir la confiance avec les agriculteurs

L’agriculture doit-elle se poser en victime ? Une posture sans doute tentante, quand de tels incidents auront toujours tendance à créer une sympathie bienvenue pour un secteur souvent éreinté. Au sein de la profession, nombreux sont ceux qui pensent qu’il est temps de cesser de ne faire que condamner « l’agri-bashing », pour faire plus de place à « l’agri-acting ». Si Christian Durlin trouve le tweet « proprement scandaleux », il exprime surtout son envie de créer le dialogue, citant par exemple la mise en place de « charte riverains » entre les agriculteurs et leurs voisins.

Les agriculteurs, pour une écrasante majorité, montrent tous les jours leur motivation à renouveler leurs méthodes pour plus de durabilité. Et la volonté généralisée de s’expliquer est incontestable. Il est urgent, pour l’agriculture, de ne plus donner l’impression de seulement se défendre, mais de communiquer positivement, expliquer davantage la réalité d’une profession peu voire mal connue.

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