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Que faire des herbes endémiques d'une zone de marécage, dans l'estuaire de la Loire ? Collectivité et agriculteurs étaient à la recherche d'un débouché valorisant ce gisement difficilement exploitable brut, juste après la fauche. La solution est venue sous la forme d'un alliage insolite avec un coproduit de la bière, pour fabriquer des matériaux de construction.

Par Eloi Pailloux - Publié le 05/04/2022 à 16:02

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Les marécages de l’estuaire de la Loire, dans le département de la Loire-Atlantique, constituent un paysage typique que les agriculteurs sont tenus d’entretenir soigneusement. Entre les roseaux, proches de l’eau, et le foin récupéré sur les plateaux, se trouve une herbe : la rouche. Toute la question est de savoir comment valoriser cette plante peu intéressante d’un point de vue nutritionnel. La communauté de commune Estuaire et Sillon a lancé un appel à projets, Trifibre, en 2018, afin de créer une filière spécifique et produire des matériaux de construction, à l’instar de ce qui se fait avec le chanvre. Frédéric Mauny, entrepreneur ayant longtemps travaillé dans l’alimentation animale, s’y est intéressé.

Les drêches de brasserie à la rescousse

Son analyse l’a conduit à ce constat : cette filière, seule, présente une certaine fragilité. « L’accès au marché du matériau de construction n’est pas gratuit, il y a un certain nombre de démarches à valider, qui ont un coût », explique Frédéric Mauny. Le verdict est donc mitigé. Les rouches sont une matière première intéressante, mais elles n’offrent pas de garantie suffisante, prises seules. L’entrepreneur ne baisse pas les bras et décide de coupler ce projet à un autre, basé sur les drêches de brasserie, un coproduit de la bière qui a longtemps été considéré comme un déchet. « Avec la multiplication des brasseries et microbrasseries locales, c’est devenu une matière première relativement abondante ! », commente-t-il.

De l’apéro au biomatériau

Selon lui, ce matériau a du potentiel. Une fois déshydraté, on peut en tirer une farine utilisable en consommation humaine d’une part, et des plastiques biosourcés d’autre part. Dans un premier temps, il a joué la carte « apéritif » et créé des gâteaux salés (avec la farine) et des gobelets (avec le plastique), pour boire la bière… issue des mêmes circuits de fabrication que les drêches. Puis il a décidé de se lancer dans le biomatériau de construction à partir des deux gisements : rouches et drêches. « Diversifier les sources d’approvisionnement, c’est une sécurité ! affirme-t-il. Sans les drêches, j’aurais probablement du laisser tomber les rouches. »

Avec son entreprise Waste me up, il est donc prêt à se lancer dans ce nouveau défi, et à proposer un nouveau débouché valorisant pour la rouche des agriculteurs possédant des parcelles sur l’estuaire de la Loire.

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