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Pour la première fois, un pesticide jugé perturbateur endocrinien est retiré du marché

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Pour la première fois, un pesticide jugé perturbateur endocrinien est retiré du marché

C'est une première : l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) s'est appuyé sur la très récente définition européenne des perturbateurs endocriniens, applicable depuis novembre 2018, pour demander l'interdiction d'un fongicide, l'époxiconazole.

Par Eloi Pailloux - Publié le 29/05/2019 à 11:48

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La décision de l’Anses, une première depuis la définition des perturbateurs endocriniens par l’UE.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) estime que l’époxiconazole présente un caractère de perturbateur endocrinien. Dans un avis publié le 28 mai, l’Anses expose son intention de retrait du marché des 76 produits à base de cette molécule fongicide. C’est la première fois qu’une interdiction repose sur le caractère « perturbateur endocrinien » d’une molécule, nous précise l’Anses.

Perturbateurs endocriniens, officiellement définis en 2018

Et pour cause : la définition des perturbateurs endocriniens a longtemps fait l’objet de débats au sein de l’Union européenne. Elle n’a été publiée qu’en avril 2018, et n’est appliquée que depuis novembre 2018. L’Anses s’était alors déjà « auto-saisie » pour évaluer l’époxiconazole au regard des critères fraîchement établis, s’appuyant sur un guide d’évaluation paru entre-temps, en juin.

L’Anses a informé les autorités françaises et transmettra sa décision aux autorités compétentes de la Commission européenne et des autres États membres. L’Europe travaille actuellement sur la réévaluation de cette substance, pour laquelle l’autorisation ou non de renouvellement doit être prise d’ici à avril 2020.

Quelles conséquences pour l’agriculture ?

La firme allemande BASF, qui commercialise environ 90 % des produits phytosanitaires à base d’époxiconazole, publie un communiqué le même jour, dans lequel elle explique avoir anticipé l’arrêt des ventes de ces fongicides. Et précise à Campagnes et environnement : « L’avis de l’Anses se base sur des critères de classement correspondant à une réglementation « officielle », mais nous voulons rassurer les agriculteurs : le produit est concrètement sans risque pour la santé humaine que cela soit pour eux, les consommateurs ou les riverains. »

Selon la directrice générale déléguée de l’Anses, interrogée par France Info, l’agriculture dispose de solutions alternatives, déjà homologuées ou en cours d’évaluation au niveau européen. : « Les agriculteurs ont déjà probablement un peu anticipé, car les ventes ont un peu diminué ces dernières années. » Difficile toutefois d’évaluer l’étendue des surfaces françaises impliquées.

Bataille de chiffres sur les surfaces concernées

Selon la firme, 10 % des surfaces de céréales françaises seraient traitées avec ses produits, pour seulement 50 tonnes commercialisées en 2019, toutes cultures confondues. Face à ces chiffres, l’Anses se veut catégorique : si elle n’a pas encore les données pour l’année en cours, l’agence estime que ce fongicide est utilisé sur 50 % des surfaces de céréales françaises, et 70 % des betteraves. Soit quelque 200 tonnes par an.

L’écart entre ces chiffres ne s’explique pas simplement par le fait que BASF ne commercialise qu’une partie des spécialités à base d’époxiconazole : « Les chiffres de l’Anses datent de 2015 », affirme-t-on du côté de la firme, qui estime que les quantités vendues ont reculé de 80 % depuis lors.

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