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L’agriculture française peut-elle sortir du glyphosate d’ici à 2020 ?

La France s'est donné pour objectif d'arrêter le glyphosate dans les trois ans, c'est-à-dire d'ici à la fin 2020. Un rapport de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), publié le 4 décembre, fournit des pistes pour une agriculture ne s'appuyant plus sur cet herbicide. Face à une équation complexe, l'Inra reste réservé sur l'échéance fixée, et sur son impact économique.

Par Eloi Pailloux - Publié le 06/12/2017 à 13:37

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L’Inra a rendu public son rapport Usages et alternatives au glyphosate dans l’agriculture française le 4 décembre 2017.

La France, par la voix de son président Emmanuel Macron, se donne l’objectif de se passer du glyphosate dans trois ans, au plus tard. Le gouvernement planche sur un « plan de sortie », qui devrait être publié début 2018. Il a sollicité l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Lequel a produit un rapport de 88 pages, publié le 4 décembre, évoquant les pistes d’une agriculture sans la molécule controversée.

Des changements de fond pour l’agriculture

Les chercheurs de l’institut confirment ce que de nombreux représentants de l’agriculture avancent : il n’existe à ce jour aucune alternative aussi efficace et simple d’application que le glyphosate. Pour l’Inra, il est inutile de miser une solution prête à l’emploi pour combler totalement l’interdiction de la molécule. Autrement dit, l’adaptation à un arrêt du glyphosate passe par des changements multiples et profonds, articulés autour d’outils, de pratiques, et la prise en compte de paramètres agronomiques.

Une échelle de temps aux contours imprécis

Le président Macron souhaite que la France devance l’échéance prévue par l’Union européenne, en interdisant le glyphosate d’ici à trois ans.

Désherbage mécanique, travail superficiel du sol, labour, gel hivernal des couverts intermédiaires, autres herbicides homologués… sont autant d’alternatives recensées par l’Inra pour y arriver. Si certains réseaux d’expérimentations activent déjà ces leviers avec efficacité, le rapport évoque « des freins majeurs » les concernant : impact économique, temps de travail, évolution du parc matériel… Sans se prononcer sur l’échéance de trois ans établie par Emmanuel Macron, les chercheurs prônent d’aborder le post-glyphosate « sur une échelle de temps prenant en compte la mise en œuvre de ces techniques alternatives. »

Des problématiques sans solution pour certaines cultures

D’autant que ces solutions ne sont toutefois pas adaptables pour toutes les cultures pour lesquelles le glyphosate est utilisé aujourd’hui. Le rapport liste plusieurs cas de blocage plus profond, notamment pour la production de semences ou de légumes de plein champ, tout comme certaines cultures des DOM, le lin fibre ou les fruits à coques. Là encore, le rapport en appelle à un « rythme de transition » tenant compte de ces impasses.

Les auteurs restent également prudents sur l’aspect économique, évoquant une évaluation « délicate » du surcoût. Le document flèche toutefois des mesures pour fluidifier la transition : accompagnement financier, recours à la réglementation, encouragement des dynamiques collectives dans les secteurs du conseil et de la formation. Et suggère, enfin, de favoriser la reconnaissance de produits issus de filières sans glyphosate.

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2 réponses sur “L’agriculture française peut-elle sortir du glyphosate d’ici à 2020 ?”

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