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Maladies infectieuses et environnement, un lien à l’étude

De quelle manière les pressions exercées aujourd'hui par l'Homme sur son environnement jouent-elles un rôle dans l'émergence et la diffusion de maladies infectieuses ? Alors que l'épidémie du Covid-19 est toujours d'actualité, l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) a fait le point sur cette question, lors d'un webinaire organisé le 16 avril.

Par Laure Hänggi - Publié le 30/04/2020 à 14:35

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Depuis les années 1940, le nombre d’épidémie de maladies infectieuses est en constante augmentation. Près de 60 % d’entre elles sont zoonotiques, c’est à dire d’origine animale. Dans un webinaire organisé le 16 avril, l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) a présenté les liens entre ces épidémies et les perturbations environnementales (changement climatique, perte de biodiversité, déforestation, etc). « Ces phénomènes d’épidémie ont une partie de leur origine dans les perturbations de notre environnement », pose en ouverture Lucien Chabason, conseiller de la direction à l’Iddri. Si la consommation d’animaux issus de la faune sauvage est bien entendu en cause, des pratiques liées à l’agriculture joueraient également un rôle dans l’émergence de ces épidémies.

L’élevage fait partie des facteurs

Pour que l’épidémie passe de l’animal à l’humain, plusieurs facteurs entre en compte, parmi lesquels la proximité favorisée entre les deux espèces par l’élevage. « L’évolution du nombre de maladies peut être corrélée avec la domestication des animaux, qui est source d’agents pathogènes pour les humains, souligne ainsi Gwenaël Vourc’h, directrice de recherche à l’INRAE et directrice adjointe de l’UMR Épidémiologie des maladies animales et zoonotiques. La chercheuse rappelle ainsi que si les animaux sauvages représentaient 99 % du poids total des espèces sur Terre au néolithique, ceux-ci ont depuis été largement devancés par les animaux domestiques, qui représentent aujourd’hui 67 % de ce total.

L’érosion de la biodiversité réduit les zones tampons entre espèces

La déforestation fait partie des facteurs favorisant la diffusion de maladies infectieuses, car elle menace les habitats de certaines espèces, et rapproche faunes sauvage, domestique et humains.

Le déclin de la biodiversité serait également un facteur facilitant l’émergence de ces épidémie. En réduisant les zones tampons entre les espèces, l’érosion de la biodiversité entraîne un accroissement des contacts entre les humains, la faune domestique et la faune sauvage. Et multiplie donc les risques de contamination. La déforestation et le changement d’utilisation des sols sont particulièrement pointés du doigt. A cela s’ajoute la pression du changement climatique, qui modifie la répartition des animaux sur le territoire et donc les zones à risque. La réaction des animaux aux infections pourrait également être modifiée. Pour Gwenaël Vourc’h, la crise sanitaire actuelle doit « être une occasion de réduire la pression anthropique et repenser notre relation à l’environnement, car c’est ce que nous faisons de la biodiversité, comment nous la transformons qui favorise le passage des maladies ».

Comment faire face à ce phénomène ?

Une biodiversité en bonne santé peut participer à la réduction de ces phénomènes, en régulant la circulation des agents pathogènes. Cela s’appelle l’effet de dilution. « Le nombre d’épidémie est lié au nombre de mammifères et oiseaux en danger », rappelle pour exemple Gwenaël Vourc’h. Par ailleurs, des appels se manifestent pour mettre en place des mécanismes de régulation institutionnelle. Mais la question est délicate. « En ce qui concerne la déforestation, cela relève de la souveraineté nationale, il y a donc peu de discutions internationales sur le sujet », explique Yann Laurans, directeur du programme Biodiversité et écosystèmes de l’Iddri. Par ailleurs, ce dernier rappelle que les trois-quarts des pressions sur les espaces mondiaux sont liés à la consommation de viande (élevage et culture d’aliments pour le bétail). « L’étalement urbain, les cultures, l’élevage font pression sur ces espaces sauvages et l’Humain se rapproche de zones auparavant reculées, il faut donc agir sur l’ensemble de nos modèles économiques et de consommation », assure-t-il. Pour l’heure, peu de mesures ont été prises sur le sujet au niveau international. Pourtant, « une grande coopération sur le sujet sera indispensable pour gérer ces interfaces entre faunes sauvage et domestique, et ces pandémies », estime Lucien Chabason.

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