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Permaculture, de l’agriculture à la philosophie

La permaculture est un concept assez large, recoupant plusieurs définitions. En agronomie pure, c’est une façon de produire sur de petites surfaces en imitant la nature. Dans sa globalité, c’est un courant d’idée d’harmonisation de l’homme et de ses besoins à la nature.

La permaculture dépasse la seule production agricole, et concerne également l’énergie, la gestion de l’eau, de la qualité du sol...

Par Campagnes & Environnement - Publié le 13/06/2017 à 14:50

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La permaculture vient d’Australie. En 1978, le biologiste Bill Mollinso et l’essayiste David Holmgren publient « Permaculture One », un ouvrage détaillant le concept. Il s’agit alors de la contraction de « (agri)culture permanente », une façon de cultiver la terre qui soit la plus durable possible. Cette définition strictement agricole s’est depuis élargie pour devenir une éthique de production dans de nombreux domaines.

Produire en imitant la nature

La permaculture agricole repose sur un concept d’imitation de la nature, le mimétisme. L’homme recrée un écosystème le plus équilibré et autonome possible sur de petites surfaces, en s’inspirant de ce qu’on observe à l’état sauvage, et notamment du « design », la disposition spatiale des végétaux. Les animaux peuvent aussi avoir un grand rôle à jouer, qu’ils soient des mammifères ou des micro-organismes du sol, pour réguler les populations de ravageurs notamment. Si le mimétisme est bien appliqué, le système devrait produire des fruits, des légumes ou des céréales de façon durable et autonome, c’est-à-dire avec le moins d’intervention anthropologique possible.

La permaculture en chiffre

Donner des chiffres sur la place de la permaculture en France est complexe. Différencier la pratique professionnelle et domestique de la discipline n’est pas toujours aisé, dans la mesure où elle s’applique à de petites surfaces (un hectare grand maximum, souvent moins) et sans grand besoin de matériel spécifique. Mais aussi parce que la plupart des permaculteurs français vivent surtout des formations qu’ils prodiguent, dans un pays où leur mode de production peine à se faire connaitre. Par comparaison, en Australie, la pratique est considérée comme une école agricole à part entière, et certaines exploitations permacoles se déploient sur 40 ha.

Les conclusions d’une étude de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) publiée en août 2016 pourraient contribuer à changer les mentalités françaises. Pendant quatre ans, de 2011 à 2015, l’institut a étudié la ferme du Bec Hellouin, dans l’Eure (27). Sur 20 ha de surface agricole, les exploitants ont fait un pari : cultiver 1000 m² en permaculture. Le résultat est surprenant : en étudiant les conditions réelles de production et de vente, l’Inra dégage un modèle mathématique qui prouve qu’avec un hectare permacole, un agriculteur peut dégager un revenu horaire de 5,4 à 9,5 euros, pour une charge hebdomadaire de 43 heures. Le salaire agricole net mensuel correspondant apparait tout à fait acceptable, voir supérieur à ce que l’on trouve souvent en maraichage : entre 900 et 1 570 €. Cette étude semble prouver qu’en France, la permaculture est viable économiquement.

Une philosophie de production et de vie

Depuis sa création, la permaculture a élargi son domaine. Il ne s’agit plus que d’agriculture, mais de production d’énergie, de gestion de l’eau… d’un mode de vie plus général. Dans sa portée philosophique, c’est une harmonisation de l’homme à la nature, et le retour à des besoins qu’elle peut satisfaire pleinement de façon durable. Les permaculteurs parlent de « compromis équitable ». L’éthique de la permaculture est double : protéger l’environnement, les milieux naturels, et protéger l’homme, les générations futures.


Permaculture et agro-écologie : quelle différence ?

L’agro-écologie se définit comme une amélioration des pratiques à objectif double, rentabilité et durabilité, quand la permaculture est plutôt un ajustement des besoins de l’homme à ce que la nature peut lui offrir, rétablissant un certain équilibre. Bien que les deux courants visent à améliorer les pratiques et soient parfois assez proches, ils sont fondamentalement différents de par leur rapport intellectuel à la nature.

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