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Présence de glyphosate dans les urines, des chiffres divergents qui interrogent

Pas de glyphosate dans les urines d'une vingtaine d'agriculteurs du Morbihan, quand campagneglyphosate.fr fait état de la présence de la molécule dans les urines de tous les volontaires engagés dans ce mouvement. Un constat déroutant et, à ce stade, encore difficile à expliquer.

Par Eloi Pailloux - Publié le 05/09/2019 à 16:14

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Des « pisseurs involontaires » affichent la quantité de glyphosate détectée dans leur urine – capture d’écran du clip de présentation campagneglyphosate.fr

Une étrange bataille se déroule actuellement. Elle oppose, d’un côté, l’ensemble des « pisseurs involontaires de glyphosate », participant à une campagne lancée en 2018, et dont les chiffres sont régulièrement relayés dans la presse. Ils font état d’une présence quasi-systématique de glyphosate dans les urines analysées. De l’autre côté, une vingtaine d’agriculteurs morbihannais, qui communiquent début septembre sur l’absence totale de la molécule dans leurs propres urines.

Deux méthodes valables

Comment expliquer cette différence ? Il semble étonnant qu’un collectif visant à interdire le glyphosate trouve la molécule polémique à tous les coups, quand des agriculteurs, revendiquant une utilisation rationnelle et sûre des pesticides, ne la détectent pas. Premier élément d’explication possible : les protocoles utilisés sont différents. Les « pisseurs » utilisent la méthode « Elisa », les agriculteurs ont appliqué une « chromatographie ».

Frédéric Suffert, chercheur s’étant penché sur ce dossier en mars dernier pour Checknews.fr, précise cependant : « La littérature scientifique montre que les deux techniques permettent bien de quantifier le glyphosate. La chromatographie est probablement plus précise, mais coûte plus cher. » Sur le papier, le biais ne semble donc pas venir de la nature des techniques elles-mêmes, mais probablement plutôt de la façon dont le test Elisa est mis en œuvre. Reste donc à savoir si les conditions dans lesquelles il est pratiqué est valide. À ce stade, rien ne permet de remettre en cause le prestataire employé par les « pisseurs », un laboratoire allemand, pas plus que le CHU de Vannes, qui a réalisé l’analyse des agriculteurs du Morbihan.

Mettre en place des tests « croisés »

« Pour l’instant, si on veut être rigoureux, on ne peut rien conclure ! Si ce n’est qu’il y a manifestement un problème quelque part, déplore Frédéric Suffert. Cette situation devrait conduire à la mise en place de tests croisés basés sur les mêmes échantillons. » Autrement dit, dupliquer et analyser les échantillons « agricoles » et ceux des « pisseurs » à la fois avec le test « Elisa » et par chromatographie. « Cela demanderait un peu de temps, et pour être au-dessus de tout soupçons, des mesures de « contrôle » de l’ensemble des tests », conclut le chercheur. Cette vérification croisée permettrait de mieux comprendre les résultats divergents aujourd’hui affichés. Mais elle ne semble pas à l’ordre du jour, ni dans un camp, ni dans l’autre…

Ce qui serait bien, ce serait de croiser les échantillons (en espérant qu’ils ont été conservés, et correctement) et les méthodes. Cela se fait couramment entre laboratoires, c’est un gage de bonne foi, et ça éviterait de polémiquer. https://t.co/mCskt2ENkS

— Patrick Vincourt #NoFakeScience (@PVincourt) September 4, 2019

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4 réponses sur “Présence de glyphosate dans les urines, des chiffres divergents qui interrogent”

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