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Protéines végétales, les défis pour atteindre la souveraineté alimentaire

Pour permettre à la France d'atteindre l'autonomie protéique, un plan du Gouvernement est attendu depuis de nombreux mois. Alors que le confinement a remis sur le devant de la scène l'enjeu de la souveraineté alimentaire, une conférence en ligne organisée le 7 mai, a rappelé les nombreux efforts à déployer pour atteindre cet objectif dans le secteur des protéines végétales.

Par Laure Hänggi - Publié le 14/05/2020 à 17:14

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Si le secteur agricole ne s’est pas arrêté de tourner durant le confinement, celui-ci a néanmoins éveillé les consciences, notamment sur l’enjeu de la souveraineté alimentaire. Si la France est un grand pays exportateur, en volumes, le pays importe également beaucoup en valeurs. A titre d’exemple, la moitié des fruits et légumes et 40 % du poulet consommés sont importés. L’atteinte de la souveraineté est donc un réel défi, comme l’ont rappelé les intervenants d’une conférence en ligne, organisée le 7 mai, sur le thème de la relance agricole et alimentaire au lendemain de la crise causée par le Covid-19. Pour cet exercice, les discussions se sont concentrées sur le cas des protéines végétales. « Ce sont des productions emblématiques de la dépendance française aux importations », souligne Arnaud Gauffier, directeur des programmes au WWF France. 4,8 Mt de soja sont ainsi importées chaque année, pour une production française ne dépassant par la barre du million de tonnes.

Diminuer la proportion de protéines animales

Actuellement, l’autonomie protéique de la France ne dépasse pas les 50 %. Pour Pierre-Marie Aubert, coordinateur de l’initiative agriculture européenne à l’Iddri, cette autonomie doit aller de pair avec une véritable « transition protéique », en inversant notamment le ratio entre les protéines animales, encore largement majoritaires, et végétales. Et ce, d’autant plus dans un contexte de croissance rapide de la population mondiale. « Les surfaces actuelles de production de protéines végétales devraient être doublées d’ici à 2030 et multipliées par quatre pour 2050 », résumé Pierre-Marie Aubert. Les intervenants rappellent également les nombreux bénéfices de ces cultures, peu consommatrices d’intrants, qui contribuent au bouclage du cycle de l’azote et qui, relocalisées, permettraient de réduire la déforestation importée.

Trouver les moyens d’encourager production et consommation

Cette réorientation ne se fera pas sans moyens. « Si nous voulons générer cette capacité de production, il faut investir, rappelle Pierre-Marie Aubert. Pour produire 100 000 tonnes de pois, il faut 300 millions d’euros. Nous avons pour objectif une production de 500 000 tonnes, ce qui nécessiterait donc un investissement de 1,5 milliard d’euros. » Dans ce cadre, les intervenants insistent sur le rôle à jouer par les politiques publiques mais aussi par la Pac.  « Les aides couplées ne vont pas assez loin. Des eco-schemes (PSE) pour la fourniture d’azote pourraient être envisagés », explique Pierre-Marie Aubert. Des efforts qui devraient s’accompagner d’une structuration des débouchés et de la demande, aussi bien pour la consommation animale qu’humaine. « Trop peu de travaux sont menés aujourd’hui sur la manière de stimuler consommation et production, ce sujet doit être mis à l’agenda politique », assure le coordinateur à l’Iddri.

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2 réponses sur “Protéines végétales, les défis pour atteindre la souveraineté alimentaire”

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