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Selon l’Inrae, la méthanisation aurait un impact positif sur le climat

L'Inrae s'est intéressé à l'impact sur le climat de la méthanisation. Pour cela, l'institut a réalisé une analyse de cycle de vie, basée sur 16 critères. Les résultats montrent une réduction d’impact sur le changement climatique de 73 % par rapports aux scénarios de référence. Quelques points de vigilance sont néanmoins soulignés.

Par Eloi Pailloux - Publié le 02/12/2021 à 16:29

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Pour la première fois, la logique de l’analyse du cycle de vie, ACV, est appliquée à la méthanisation. Dans une étude révélée le 24 novembre, l’Inrae se prête à cet exercice en s’intéressant à deux types d’approvisionnement des cuves : un modèle « élevage », où les effluents représentent 51 % de la matière sèche méthanisée, et un modèle « culture », où les cultures intermédiaires à vocation énergétiques (Cive) sont le premier gisement exploité (47 %). Des scénarios de référence « sans méthanisation » ont été construits afin d’évaluer l’intérêt de ces deux systèmes, à travers 16 critères d’ACV (1). Le périmètre de l’étude se veut complet, chaque système étant analysé au regard de la production d’énergie, mais aussi la gestion des effluents et de la fertilisation.

Pour en savoir plus sur l’ACV, lire aussi : Agribalyse souligne les limites de l’impact environnemental de l’alimentation

De moindres impacts dans les deux cas

Le scénario « cultures » s’avère plus favorable que son équivalent « cultures sans méthanisation » sur 7 des 16 critères suivis. Pour trois d’entre eux (changement climatique, épuisement des ressources énergétiques et destruction de la couche d’ozone), il montre même une réduction des impacts environnementaux de plus de 65 %.

Le scénario « élevage » fait encore mieux, avec de meilleures note sur 9 des 16 critères d’ACV, par rapport à « élevage sans méthanisation ». Les réductions d’impact se situent entre 60 et 80 % pour trois indicateurs (changement climatique, épuisement des ressources énergétiques et destruction de la couche d’ozone), et à près de 50 % pour quatre autres (formation de particules fines, acidification des milieux, épuisement des ressources en eau et eutrophisation des écosystèmes terrestres).

Dans ses conclusions, l’étude insiste principalement sur l’intérêt de la méthanisation vis-à-vis du climat. Les résultats montrent une réduction d’impact sur le changement climatique de 73 % par rapports aux scénarios de référence. La production de biométhane local issu de ressources agricoles permet, en outre, de réduire de 65 % les impacts portant sur l’épuisement des ressources énergétiques.

Quelques nuances soulignées

Des points de vigilance sont toutefois soulignés. Pour le scénario « cultures », le Cive, qui représentent un volume de matière sèche importante, doivent être intégrées dans les rotations entre deux cultures principales, ce qui draine un certain nombre de défis agronomiques. Quant au digestat, la matière restant à la fin du processus de méthanisation, il reste susceptible d’émettre des gaz à effet de serre s’il n’est pas soigneusement stocké puis épandu, en tant que fertilisant. Par ailleurs, le brassage de la cuve est gourmand en électricité, ce qui pénalise des critères de l’ACV, dont les radiations ionisantes et l’épuisement des ressources métalliques et minérales.

(1) changement climatique, destruction couche d’ozone, formation d’ozone photochimique, particules fines, acidification, eutrophisation terrestre, épuisement ressources énergétiques (fossiles et nucléaires), radiation ionisante, toxicité humaine avec effets cancérigènes et non cancérigènes, eutrophisation eau douce, eutrophisation marine, écotoxicité eaux douces, occupation des terres, épuisement ressources en eau, épuisement ressources métalliques et minérales.

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