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Traire des plantes pour produire des herbicides

Depuis seize ans, l’entreprise Plant advanced technologies utilise les Plantes à traire, pour produire des molécules d’intérêt. En stimulant des processus naturels de fabrication de certaines substances par les plantes, puis en les récupérant grâce à un solvant, ils peuvent ainsi réutiliser leurs végétaux à l’infini. Travaillant également sur la recherche de nouvelles molécules, le groupe a trouvé, en partenariat avec l’Inrae, des substances de bioherbicides, prévues à la vente d’ici au moins quatre ans.

Par Romane Gentil - Publié le 23/11/2021 à 12:08

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Pour produire des pesticides naturels, la technologie des « Plantes à traire » pourrait être une solution. Depuis sa création par Jean-Paul Fèvre en 2005, la société Plant advanced technologies (PAT) utilise ce procédé pour rechercher des molécules d’intérêt produites naturellement par les plantes, en stimuler la production, puis les prélever. En plus de produire des molécules à destination des industries cosmétique, pharmaceutique et de compléments alimentaires, le groupe travaille depuis deux ans sur la recherche d’herbicides en partenariat avec l’Inrae, avec déjà de premiers résultats. Des travaux sur les fongicides naturels sont également à l’œuvre, avec le groupe BASF.

De dix à mille fois plus de molécules qu’en conditions naturelles

Concrètement, « Plantes à traire » est une technologie qui consiste à cultiver des végétaux hors sol, les racines au contact de l’air, et à y prélever régulièrement des molécules d’intérêt. « Ce qui est intéressant, c’est que nous sommes capables d’amplifier la production de ces substances, explique Jean-Paul Fèvre. Comme il s’agit de molécules de défense pour la plante, on peut créer des conditions propices à leur libération ». Ainsi, la stimulation du phénomène peut multiplier par 10 voire 1000 la quantité de molécules produites, par rapport au processus naturel. Les substances sont ensuite récupérées par phénomène d’osmose dans un solvant, et les plantes sont réutilisées à l’infini si elles ne sont pas annuelles.

98 % de terres économisées

Jean-Paul Fèvre insiste sur le caractère durable de la technologie. « En plein champs, la récupération des molécules nécessiterait de tuer les végétaux » explique-t-il. Le processus permet également d’économiser des terres : PAT produit dans une serre de 1 ha l’équivalent de 60 ha de plantes en plein champs, qui devraient être replantées après prélèvement des molécules intéressantes.

En plus de trois hectares en Lorraine, le groupe possède également un pied à terre à la Réunion, dont l’objectif est de permettre la découverte de nouvelles molécules. Et pour Jean-Paul Fèvre, PAT n’est pas près d’avoir fait le tour : « on ne connaît que la moitié des espèces végétales, alors imaginez pour les substances qu’elles produisent ! », s’exclame-t-il.

Crédit photo: PAT

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