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Un indicateur pour estimer le ruissellement local des magasins de producteurs

Les magasins de producteurs alimentent une économie de proximité, dans la mesure où une part substantielle des recettes revient par définition aux agriculteurs locaux. Pour quantifier plus précisément cette idée, une étude est entrée dans le détail des comptes de cinq de ces magasins, mais aussi de ses salariés, ses fournisseurs, ses producteurs, etc.

Par Eloi Pailloux - Publié le 25/08/2022 à 11:24

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Quel est le devenir d’un euro investi dans un magasin de producteurs ? Dans quelle mesure profite-t-il à l’économie locale ? Trois partenaires ont décidé d’aborder ces questions : le réseau agricole Trame, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et le Réseau des magasins de producteurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Leur étude porte sur cinq magasins du Lubéron, auxquels un indicateur innovant a été appliqué.

Quantifier le ruissellement local

Le principe de cet indicateur est relativement simple : partir d’un euro investi par un consommateur (niveau 1), puis étudier à qui le magasin redistribue cette somme (niveau 2), avant enfin de s’intéresser à l’usage de cet argent par ces bénéficiaires (salariés, prestataires…) (niveau 3). Pour chaque niveau, la part réinvestie dans un rayon de 30 km est calculée. On obtient une note sur 3, que l’on peut interpréter ainsi :
– la note 0 est donnée dans le cas où un euro investi quitte, dès le niveau 1, le circuit local ;
– la note 3 correspond à un cas de figure où l’intégralité d’un euro investi est redistribué localement, à chaque niveau.

Exemple de ruissellement, pour 100 € investis dans l’un des cinq magasins de producteur. On additionne la part locale pour chaque niveau : 90 € + 74,7 € + (40 € + 7,2 €). Soit 211,9 euros réinvestis localement sur 100 € à la base. Ici, l’indice est donc de 2,119 sur un maximum de 3.

De bons scores et une marge de progression

Verdict : appliqué aux cinq magasins du Lubéron, l’indice oscille entre 2 et 2,5. Pour les partenaires de l’étude, ce sont de bons scores, qui « contribuent à justifier le bien-fondé de l’investissement de fonds publics dans les magasins de producteurs, et à convaincre agents de développement et élus ». Le travail mené révèle même qu’il existe une marge de progression.

En s’intéressant spécifiquement aux sommes qui échappent à l’économie locale au niveau du magasin, et au niveau des agriculteurs, il s’avère que respectivement 66 % et 51 % de ces montants sortent du circuit local alors qu’une alternative de proximité existe, souvent par recherche du moindre coût. Par exemple, les magasins peuvent privilégier un imprimeur « distant » pour leurs affiches publicitaires, car ses tarifs sont plus intéressants que l’imprimeur voisin.

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