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Un « sentiment d’essoufflement » pour les Siqo

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Un « sentiment d’essoufflement » pour les Siqo

A l’occasion de l’assemblée générale d’Agri Confiance, le 19 octobre, un débat a été organisé autour des labels et des attentes des consommateurs. L’occasion d’expliquer le « sentiment d’essoufflement » ressenti par les experts autour des signes officiels de qualité et d’origine (Siqo), face à l’émergence de plus en plus rapide de nouvelles étiquettes en France.

Par Romane Gentil - Publié le 27/10/2021 à 11:08

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Le 19 octobre, dans le cadre de l’assemblée générale d’Agri Confiance*, une table ronde a été organisée au sujet des labels et des attentes des consommateurs. Toutes les interventions avaient un message clé commun : les labels sont de plus en plus nombreux. Si les cinq signes officiels de qualité et d’origine (Siqo)** de l’Inao restent les plus connus, le niveau de notoriété de certains autres labels, portés par différents acteurs (ONG, coopératives…) ne fait que grandir. Il en ressort un « sentiment d’essoufflement » autour des Siqo, d’après Julien Frayssignes, enseignant chercheur à l’école d’agronomie de Purpan, partenaire de la chaire d’enseignement et de recherche qui accompagne la transition des acteurs agricoles dans les filières de qualité, Infaaqt.

Les nouveaux labels pourraient favoriser l’agriculture « de firme »

D’après Julien Frayssignes, cette évolution des labels est directement liée à l’évolution des attentes, de plus en plus grandes, des consommateurs. Ainsi, alors que les Siqo sont chacun basés sur un critère principal (qualité, origine, agriculture biologique…), les nouveaux labels, dits de la « troisième voie » (les deux premières étant le bio et le conventionnel), ratissent plus larges. « Mais ils ne sont pas forcément plus exigeants », alerte le chercheur.

Cet élargissement ne concerne pas seulement les critères des cahiers des charges. « Avant, les labels s’appliquaient aux produits d’excellence. Aujourd’hui, tous les produits du quotidien peuvent être étiquetés », explique Julien Frayssignes. Selon lui, cette évolution pourrait entraîner des répercussions directes sur l’organisation même du monde agricole. « Les labels deviennent accessibles à des produits issus d’une agriculture « de firme ». À terme, ce modèle pourrait être favorisé par rapport aux fermes familiales, autrefois seules exploitations susceptibles d’être labellisées. »

Cocher certaines cases indispensables

Autre point d’intérêt du débat, la vision des labels par la génération des millenials. Ce qui intéresse les 25-30 ans n’est pas leur notoriété, mais la confiance qu’ils leur inspirent. Et pour obtenir cette confiance, tout ne passe pas que par la communication, explique Rémi Lecerf, responsable qualité chez Carrefour : « Aujourd’hui, il y a des attendus indispensables pour le consommateur, si le produit ne coche pas certaines cases, ce n’est pas la peine de vanter le reste, il n’est plus crédible. » Résultat, les jeunes font davantage confiance aux nouveaux labels et moins au bio, que les générations antérieures. Plus globalement, plus les millenials sont jeunes, plus ils ont confiance dans les labels.

Pour attirer les jeunes, la chaire Infaaqt étudie un nouveau moyen de communication : l’influence. « Nous constatons que les influenceurs ne parlent que très peu des labels. Nous essayons de trouver les leviers pour changer cette tendance »

*Agriconfiance est un label adopté par une cinquantaine de coopératives, sur les filières lait, fruits et légumes, grandes cultures, volailles, palmipèdes, pisciculture, vin. Son cahier des charges contient des démarches de qualité, de soutien des agriculteurs et des territoires, de préservation de l’environnement, et de respect du bien-être animal.

**Appellation d’origine protégée/contrôlée, Indication géographique protégée, Spécialité traditionnelle garantie, Agriculture biologique, Label Rouge

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