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Une cryobanque pour préserver la diversité génétique

Une collaboration regroupant l’INRA1 et de très nombreux partenaires (professionnels de la filière avicole, ministères de la recherche et de l’agriculture…) a permis de mettre en place une cryobanque aviaire. Celle-ci fait partie du groupement d’intérêt scientifique « Cryobanque Nationale », qui conserve des cellules animales congelées, principalement sexuelles (gamètes et embryons) dans un but à la fois de préservation de la diversité génétique de ces espèces, et de reconstitution ultérieure de populations. Présentant un interêt patrimonial indéniable, la cryobanque aviaire peut aussi fournir de nouveaux outils de mesure du progrès génétique, et des échantillons d’étude très divers. Présentation.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 01/04/2004 à 00:00

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Conserver la diversité génétique des espèces animales et végétales est primordial.
La cryobanque aviaire fait à la fois partie de la Cryobanque Nationale (voir encadré) et du Centre de ressources biologiques2 de Touraine (CRBT) dont elle est un des éléments fondateurs. class=

Une cryobanque aviaire : indispensable

Chez les oiseaux, la mise en place de la cryobanque tient compte de l’évolution des populations aviaires domestiques et sauvages et des particularités physiologiques de cette classe animale. Elle est cruciale dans des espèces où la gestion de la variabilité génétique est devenue critique. Chez les oiseaux domestiques, la moitié des lignées existantes est considérée comme en voie d’extinction. De plus, 24 des 50 espèces de phasianidés – nouvelle dénomination des gallinacés – sauvages sont en voie de disparition.

Les problèmes sanitaires majeurs et récurrents, comme les épidémies de grippe aviaire, ont nécessité l’abattage massif des troupeaux domestiques en Europe en 2002 et 2003. Ils sont un défi constant pour les sélectionneurs et collectionneurs susceptibles de voir disparaître brutalement leurs lignées.

Coq de race Gauloise dorée Club de France.

C’est par l’espèce Gallus gallus (poule) que l’INRA a démarré la mise en place de cette cryobanque. Dans cette espèce, les ressources génétiques recouvrent une grande diversité de populations. En France, celles-ci comprennent les races traditionnelles maintenues par des éleveurs sélectionneurs amateurs, les lignées expérimentales sélectionnées par l’INRA et les lignées commerciales sélectionnées par des firmes spécialisées.

Depuis 2002, un site d’assainissement et de prélèvement des animaux a été mis en place sur le centre INRA de Tours1. Leur semence est ensuite cryopréservée (préservée par le froid). Des échantillons de sang sont aussi congelés à des fins de contrôle sanitaire. Les échantillons biologiques préparés dans des conditions sanitaires et techniques optimales sont ensuite conservés dans deux sites de stockage indépendants.

 

Les chercheurs ont débuté la cryopréservation des lignées aviaires par la conservation de quatre lignées expérimentales de l’INRA, importantes à des fins de recherche sur l’efficacité alimentaire, la croissance ou le système immunitaire. Ces quatre lignées ont un statut sanitaire contrôlé. Ils ont aussi entrepris la cryopréservation du fameux « coq gaulois » issu de la race Gauloise dorée, une des plus anciennes races françaises de type fermier, et sans doute la plus emblématique.

C’est une volaille dont le standard est bien défini mais, à l’inverse des lignées expérimentales, son statut sanitaire de départ n’est pas contrôlé : la lignée a dû être complètement assainie à son arrivée à l’INRA.

Ce travail a été initié en collaboration avec la Cryobanque Nationale, le Bureau des Ressources Génétiques (BRG), la Fédération Française de Volailles (FFV), le Syndicat des Sélectionneurs Avicoles et Aquacoles Français (SYSAAF), avec le soutien financier du Ministère de la Recherche et du Conseil Général d’Indre et Loire. Une collaboration locale avec l’Université de Tours, le CHU, l’EFS (Etablissement Français du Sang) et l’IRSA (Institut interrégional pour la santé) a également commencé.
Le bilan de ce projet ambitieux est à l’heure actuelle très positif. L’effort doit être maintenu pour assurer la pérennité de la cryobanque aviaire, sa croissance et son utilisation raisonnée au service d’une biodiversité équilibrée.

 

1 Unité de recherches avicoles, département Physiologie animale et systèmes d’élevage et département Génétique animale ; Unité de recherches « BioAgresseurs, Santé, Environnement », département Santé animale, centre INRA de Tours ; Unité mixte de recherches INRA-INAPG « Génétique et diversité animales », département Génétique animale, centre INRA de Jouy-en-Josas.
2 Les centres de ressources biologiques (CRB) sont des plateaux techniques de très haute qualité conservant sous forme congelée des échantillons issus du monde vivant.

 

La Cryobanque nationale

La Cryobanque Nationale, Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS), lie onze partenaires (très bientôt douze) de la sélection animale par convention. L’objectif est de conserver un échantillon représentatif de la diversité génétique des espèces d’élevage : bovins, ovins, caprins, équidés (asins et équins), cunicoles, avicoles, porcins et aquacoles.
La semence est le principal matériel biologique conservé dans la collection, mais des embryons et quelques lignées de fibroblastes sont également stockés. Sont concernés aussi bien les races d’élevage menacées que les animaux présentant un génotype particulier ou une généalogie originale.
Un « site primaire» regroupe l’ensemble de la collection. Il est situé à Maisons-Alfort. Par sécurité, le collection est dédoublée sur des sites secondaires répartis sur l’ensemble du territoire français (Tours, Jouy-en-Josas, Rouillé, Rennes…).
Actuellement, la Cryobanque Nationale regroupe le matériel biologique de 11 races bovines, 19 races ovines, 6 races caprines, 10 races d’équidés (chevaux et ânes confondus), 1 race cunicole, 5 races porcines et 4 races avicoles.

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