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Une nouvelle réglementation européenne pour les médicaments vétérinaires

Une nouvelle réglementation européenne visant à harmoniser les pratiques des États membres concernant les médicaments vétérinaires est entrée en vigueur le 28 janvier. Jean-Pierre Orand, directeur de l'Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) et CIWF se sont exprimés à ce propos.

Par Eugénie Bourgeois - Publié le 18/02/2022 à 10:35

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L’Union européenne a mis en place une nouvelle réglementation, entrée en application le 28 janvier, concernant la pharmacie vétérinaire. La profession salue une vraie avancée, comme le précise Jean-Pierre Orand, directeur de l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV), dans un communiqué publié le jour même. Cette législation a été initiée par l’ANMV, qui a aussi contribué à l’élaboration des textes réglementaires et à préparer leur mise en application. De son côté, l’ONG wellfariste CIWF se réjouit de voir des mesures allant dans le sens d’une réduction de l’usage des médicaments inscrite dans les textes. Elle reste néanmoins sceptique quant à leur mise en œuvre « en pratique », comme elle l’indique dans un communiqué également daté du 28 janvier.

UNE RÉGLEMENTATION ENCADRANT L’UTILISATION DES MÉDICAMENTS 

Parmi les grands objectifs de cette réglementation figure la diminution de l’usage des antibiotiques, dont les deux tiers des utilisations mondiales sont à destination de l’élevage. Objectif : limiter le risque d’antibiorésistance. Des autorisation de mise sur le marché pourraient être refusées. L’usage des antibiotiques comme traitement préventif sera interdit. Les critères définissant les substances antibiotiques qui doivent être réservées à la médecine humaine sont désormais établis au niveau européen et les médicaments vétérinaires en contenant seront interdits.

Une autre évolution apportée par la réforme est la mise en place de bases de données, permettant une mise en commun des informations. L’« Union product database » répertorie tous les médicaments vétérinaires autorisés dans l’Union européenne, et les informations relatives à chacun. Une autre base de données, « Eudravigilance Veterinary » concerne la pharmacovigilance européenne, et recueille en continu les effets indésirables observés. Cette centralisation permettra une détection précoce des risques potentiels pour la santé humaine et animale.

IRRÉALISABLE SANS UNE MODIFICATION PROFONDE DES PRATIQUES D’ÉLEVAGE, SELON CIWF

Pour garantir l’application de la nouvelle réglementation et notamment la réduction de l’utilisation des antibiotiques vétérinaires, CIWF a publié dix mesures prioritaires. Certaines portent sur l’usage direct de ces médicaments (réduire les seuils d’utilisation, diminuer les traitements de groupe…). D’autres concernent les pratiques d’élevage à risque pouvant induire une utilisation accrue de ceux-ci. L’élevage intensif est particulièrement ciblé, la forte densité d’animaux augmentant la fréquence d’apparition de maladies, tout comme la sélection génétique d’animaux surproductifs souvent peu résistants aux maladies. D’autres pratiques comme le sevrage précoce des porcelets ou les mutilations telles que la coupe de leur queue fragilisent les animaux et font partie des facteurs pouvant entraîner une utilisation plus élevée d’antibiotiques. Des changements très importants seraient donc à mettre en place pour que la nouvelle législation soit appliquée, d’où une « réelle inquiétude » de la part de CIWF.

Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France, s’est exprimée sur le sujet. « Nous dénonçons les conditions d’élevage intensif pour les animaux mais la santé humaine est aussi mise en danger par ces systèmes de production. Dans ces systèmes d’élevage, les antibiotiques sont d’indispensables béquilles pour compenser les conditions d’élevage inappropriées. » L’ONG rappelle que l’antibiorésistance est un problème mondial grave de santé publique, et pourrait devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Un article publié récemment dans The Lancet révèle qu’en 2019, plus d’1,2 million de personnes sont décédées d’infections causées par des bactéries antibiorésistantes, soit plus que le paludisme ou le Sida.

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