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Arrêté anti-pesticide à Montreuil près de Paris, une mesure symbolique ?

Au contact de Paris, la ville de Montreuil (Seine-Saint-Denis) est l'une de ces communes urbaines qui ont pris un arrêté « anti-pesticide » dans le courant du mois de septembre. Premier assistant au maire, Ibrahim Dufriche-Soilihi justifie cet acte, qu'il qualifie de symbolique et d'utile, sans être une attaque contre l'agriculture.

Par Eloi Pailloux - Publié le 22/10/2019 à 17:27

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Campagnes et environnement : Pourquoi avoir pris un arrêté anti-pesticide dans une ville comme Montreuil, où l’on imagine mal un pulvérisateur agricole ?

Ibrahim Dufriche-Soilihi : Les pesticides n’ont pas un usage uniquement agricole. La réglementation en proscrit déjà l’usage par les collectivités depuis 2017 et par les particuliers depuis le début de l’année 2019. Nous voulons aller plus loin : l’arrêté concerne certaines zones comme les parcs privés, les entreprises… mais aussi les espaces de jardins partagés. Nous avons 36 hectares d’espace naturel, « les murs à pêches », qui sont concernés. Même si nous n’avons pas prévu de sanction, nous croyons en cette mesure. Je précise qu’à ce jour, nous n’avons pas reçu de notification des autorités concernant une irrégularité de cet arrêté, publié le 18 septembre.

C&E : Comment situez-vous cet arrêté, parmi les dizaines qui ont été pris en France depuis la rentrée ?

I D.-S. : C’est aussi, évidemment, une manière de se montrer solidaire de Daniel Cueff, maire de Langouët (Morbihan), qui a lancé un mouvement. Les élus, de Montreuil et d’ailleurs, veulent montrer leur préoccupation pour la santé de leurs concitoyens, et pour l’intérêt général. Mais ce n’est pas qu’un symbole. Montreuil a pris à bras le corps le dossier des pesticides dès 2008, à l’initiative de Dominique Voynet, alors maire. En 2014, avant les lois interdisant les pesticides dans les espaces publics et pour les particuliers, Montreuil était en avance et a été nommée capitale de la biodiversité. Cet arrêté n’est pas un coup de communication, mais la suite logique d’une dynamique bien ancrée dans notre municipalité.

C&E : Que diriez-vous aux agriculteurs qui se sentent stigmatisés par ce type de mesure, la considérant comme le fait de citadins ne connaissant pas la réalité agricole ?

I.D.-S. : Ce n’est pas un arrêté contre les agriculteurs. D’ailleurs, nous n’avons pas, comme d’autres communes urbaines, défini des zones sans traitement pour les agriculteurs. Ça n’aurait pas de sens. Nous nous intéressons à notre réalité, et essayons de reconnecter nos concitoyens à la nature via les jardins partagés, nos espaces verts et naturels, l’agriculture urbaine, dans un cadre sain.
Personnellement, j’ai travaillé en Chambre d’agriculture. Je suis peiné que les agriculteurs soient déconsidérés et je ne suis pas dans le fantasme d’une production agricole sans aucun pesticide, du jour au lendemain. J’ai le souci de l’équilibre de nos territoires, urbains et ruraux. C’est un message sur lequel j’insiste, surtout auprès de ceux, autour de moi, qui versent justement dans ce type de cliché.


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