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Le bio à grande échelle, c’est possible ? Oui, mais pas sans élevage

Est-il possible de convertir la totalité de l’agriculture en bio, et si oui selon quel modèle ? C'est la question sur laquelle se sont penchés des chercheurs de l'Inrae. Réponse : oui, mais à condition d'opérer des changements de production drastiques. Les résultats de ces travaux ont été présentés dans le cadre d’une conférence donnée sur le Salon de l’agriculture, le 28 février.

Par Eugénie Bourgeois - Publié le 19/04/2022 à 16:57

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Le pacte vert européen fixe l’objectif de 25 % de surfaces cultivées en bio en 2030. Mais comment faire pour atteindre les 100 % ? Serait-ce seulement possible ? Ce sont les questions que se sont posées des chercheurs de l’Inrae. Leurs résultats ont été présentés à l’occasion du Salon de l’agriculture, lors d’une conférence intitulée : “Agriculture biologique, vers un changement d’échelle”, organisée le 28 février.

Plusieurs études montrent que l’agriculture biologique ne rivalise pas avec l’agriculture conventionnelle en termes de rendement à l’hectare. En effet, aujourd’hui, à surface égale, l’agriculture bio reste moins productive. Les chercheurs de l’Inrae ont cependant cherché à établir un modèle selon lequel la productivité de l’agriculture bio serait maximisée. 

L’IMPORTANCE DE L’ÉLEVAGE EN AGRICULTURE BIO

Pour cela, ils ont montré l’importance d’intégrer l’élevage à ce modèle, le plus efficace étant les systèmes mixtes bovins, ovins. Les ressources des prairies sont ainsi utilisées au maximum, les deux espèces étant complémentaires, et le système mixte permettant de limiter le parasitisme propre à chacune. De plus, l’élevage est une source d’intrants azotés pratiquement indispensable pour nourrir les cultures en agriculture biologique.

L’autre avantage d’intégrer l’élevage à l’agriculture bio est de diversifier les rotations de cultures, via le recours à la luzerne et autres légumineuses qui font partie de l’alimentation animale. En effet, ces cultures participent à fixer l’azote de l’air dans le sol, le rendant ainsi plus fertile pour les cultures suivantes. Cette diversification des cultures permet également de lutter contre les maladies et ravageurs propres à certaines espèces végétales.

DE L’ELEVAGE OUI, MAIS PAS TROP

L’élevage nécessite cependant de grandes surfaces par rapport à la production végétale et il est nécessaire que ces deux activités soient équilibrées l’une par rapport à l’autre. La production végétale utilisant des intrants issus de l’élevage, il existe donc un optimum selon lequel la quantité d’élevage correspond exactement aux besoins de la production végétale complémentaire. Les chercheurs sont ainsi arrivés à la conclusion d’un optimum de 12 % de protéines animale dans l’alimentation humaine pour maximiser la production en agriculture biologique. L’agriculture biologique pourrait alors dans ce cas nourrir toute la population sans nécessiter plus d’espace que l’agriculture conventionnelle. 

UN SCÉNARIO UN PEU EXTRÊME 

Les chercheurs sont néanmoins bien conscients qu’un scénario 100 % bio est quelque peu extrême. Cela impliquerait, en plus d’un profond changement de l’alimentation, une reconstruction totale de l’agriculture. En France par exemple, il faudrait réintroduire de l’élevage dans les bassins de grandes cultures comme la Beauce et limiter drastiquement celui-ci dans les régions d’élevage intensif comme la Bretagne au profit de productions végétales.

Cette question reste controversée. D’autres travaux ont ainsi au contraire montrer que cultiver en bio sans élevage pourrait être possible.


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2 réponses sur “Le bio à grande échelle, c’est possible ? Oui, mais pas sans élevage”

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