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Le lait bio et équitable est-il en plein essor ?

Plusieurs filières du secteur laitier agissent pour aller plus loin que le bio, en y ajoutant une dimension équitable. La tendance est forte… mais pas totalement transparente. Comme le déplorent la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab) et Commerce équitable France (CEF), les signatures sur certaines briques surfent sur la vague sans en suivre les exigences.

Par Eloi Pailloux - Publié le 01/04/2019 à 16:44

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Le commerce équitable se développe en France. En 2017, les ventes de produits issues de ce mode de production ont généré un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros, en hausse de 18 % par rapport à 2016. Et le lait n’est pas le dernier des produits à suivre cette voie. Tendance au sein de cette tendance : combiner, sur les briques de lait, les signatures équitable et bio.

« Les 2 Vaches » et « Faire bien », marques du groupe Les Prés Rient Bio, annoncent précisément faire cette bascule, le 30 mars. 40 éleveurs normands bio sont d’ores et déjà labellisés « équitables », en plus de cinq producteurs encore en conversion. Tous les produits fabriqués sur le site du Molay-Littry, qu’ils approvisionnent, en Normandie, sont concernés. Plusieurs critères intègrent le cahier des charges de ces produits :
– un prix minimum d’achat garanti aux éleveurs, à hauteur de +2,5 % ;
– des contrats d’engagement de cinq ans minimum, gage de visibilité financière pour les agriculteurs ;
– au moins 2 % du montant d’achat du lait reversé à des projets de développement de la filière laitière bio.

« Une certaine opacité » autour de plusieurs démarches

Cette volonté d’aller plus loin que le simple label bio est, dans cette filière, validé par le label Fair For Life, de l’organisme Ecocert. Une garantie pour le consommateur. Car si le « bio équitable » a le vent en poupe, le phénomène ne va pas sans dérives. Fin février 2019, la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) et Commerce équitable France (CEF) tiraient la sonnette d’alarme. Julie Maisonhaute (CEF), déplorait une certaine opacité autour de cette dynamique : « Certaines filières jouent peut-être le jeu, mais n’en apportent pas la preuve. D’autres exploitent clairement la cote de sympathie du commerce équitable, auprès du consommateur, sans se plier à ses exigences. »

Le « commerce équitable » est défini dans la loi française depuis 2014. Mais de nombreux acteurs ont trouvé une faille, en n’utilisant que le mot « équitable », ou en parlant de « rémunération juste ». CEF s’efforce de convaincre les politiques d’élargir la portée de la loi au terme « équitable », même s’il n’est pas accolé à « commerce ». Une utilisation inappropriée de la signature « commerce équitable » peut faire l’objet d’une plainte auprès des services de répression des fraudes. « Nous avons déjà actionné ce levier, et nous continuerons », conclut Julie Maisonhaute.


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