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Les nouvelles farines animales peuvent-elles s’inviter dans les auges ?

Associées à des scandales alimentaires intervenus dans les années 90, les farines animales sont de nouveau autorisées par l'UE dans les rations des élevages, avec un cadre revu afin d'exclure tout risque sanitaire. Les producteurs d'aliments pour les animaux restent cependant prudents : produire ces farines demanderait de l'investissement, alors que leur acceptation sociétale reste incertaine.

Par Eloi Pailloux - Publié le 14/09/2022 à 14:49

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Le secteur de l’alimentation animale aborde prudemment le sujet des farines animales. Ce terme, inévitablement associé aux scandales alimentaires des années 90, rappelle la maladie de la vache folle, la tremblante du mouton, la maladie de Creutzfeldt-Jakob… Pas de quoi enchanter ceux qui, en bout de chaîne, consomment les denrées issues des filières animales. L’Union européenne a pourtant réouvert la porte à l’utilisation de ce type de farines dans les élevages, fin 2021. En prenant le soin d’en donner une définition plus stricte, et plus sûre.

Changement de définition, changement de nom

Une nouvelle définition qui va avec un nouveau nom : protéines animales transformées, PAT. Ces farines sont fabriquées à partir de pièces d’animaux sains destinés à l’alimentation humaine, mais écartées pour diverses raisons (morceaux peu consommés ou onéreux à valoriser, etc.). Les « anciennes » farines animales pouvaient, elles, contenir des matières premières aujourd’hui interdites car considérées comme impropres à la consommation, y compris des animaux morts avant l’abattoir ou des pièces comme les tendons, les os, les poils, ou la moelle épinière.

Des atouts et un coût

La production des PAT a donc été soigneusement étudiée pour exclure les risques sanitaires. De plus, ces matières premières ont des atouts : elles sont riches en protéines et potentiellement produites localement, explique-t-on du côté du Syndicat national des industriels de la nutrition animale (Snia). Les filières d’élevage restent pourtant prudentes. Pour le Snia, c’est l’aval des filières qui détient la clé. « Ces PAT demandent une organisation logistique différente et très stricte, précise François Cholat, président de l’organisation à Culture Agri, en marge d’un point presse le 31 août. Cela représente des investissements que les industriels ne feront que si la demande est là. »

Une réticence générationnelle

La sensibilité du consommateur est primordiale. La crise de la vache folle laisse un souvenir anxieux à ceux qui l’ont vécue. « Pour les jeunes en revanche, ces farines ne sont pas considérées d’un mauvais œil, explique un autre spécialiste du Snia. Ils ne s’y montrent pas opposées, à l’image des farines d’insectes. » Si aucune filière française de PAT ne devrait émerger à très court terme, les industriels de l’alimentation animale étudient soigneusement les suites à donner à ce dossier, dans un contexte où l’importation de soja sud-américain pour apporter de la protéine dans les auges, est de plus en plus mal vue.


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