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Mangera-t-on 100 % d’œufs de poules plein air en 2025 ?

Des centaines d'entreprises agroalimentaires promettent de bannir les œufs de poules pondeuses élevées en cage d'ici à 2025. Une tendance de fond porteuse, mais qui sera difficile à suivre pour les producteurs, pour qui ce changement nécessite près de 500 millions d'euros.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 22/01/2019 à 10:16

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Chaque semaine ou presque, une entreprise de l’agroalimentaire, de la distribution ou de la restauration annonce « l’arrêt des œufs en batterie ». Tous veulent exclure les œufs de batterie de leurs gammes, de leurs rayons ou de leurs menus pour des raisons tant éthiques que marketing. Deux associations sont à l’origine de ce mouvement : L214 et l’Open Wing Alliance, une coalition internationale d’associations œuvrant pour la fin de l’élevage en cage dans le monde.

« Nous continuons à démarcher les sociétés, assure Brian Mordasini, chargé des relations avec les entreprises au sein de L214. L’objectif est d’atteindre 0 % d’œufs en batterie d’ici à 2025. » Au-delà de l’effet d’annonce, comment contrôler les engagements ? L214 compte assurer en solo les audits. Un travail titanesque. Brian Mordasini mise aussi sur la pression médiatique.

Le code 01 figurant sur les œufs garantit l’élevage en plein air des pondeuses.

Quid des importations d’ovoproduits ?

Certaines promesses ne portent que sur les œufs destinés directement à la consommation, soit la moitié de la production. Le reste est transformé en « ovoproduits » utilisables notamment dans les recettes des industries agroalimentaires. Pour que les entreprises évitent d’importer des ovoproduits issus de poules élevées en cage, L214 souhaitent qu’elles agissent au niveau européen, à l’exemple de Carrefour. Mais la vérification systématique semble difficile.

Toutes ces évolutions sont-elles réalisables ? En 2016, les producteurs et leurs partenaires (coopératives, entreprises d’alimentation du bétail…), réunis au sein du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), ont rédigé un « contrat sociétal d’avenir ». Objectif : atteindre 50 % de poules pondeuses en élevages alternatifs d’ici à 2022. Cet engagement a été rappelé dans le plan de filière établi dans le cadre des États généraux de l’Alimentation (EGA).

En quête de soutien financier

« Passer de 32 % à 50 % de poules en systèmes alternatifs est ambitieux et coûteux, précise Philippe Juven, président du CNPO. Cela représente des investissements de près de 500 millions d’euros. Cette nouvelle étape arrive seulement cinq ans après la mise aux normes européennes qui a déjà coûté un milliard d’euros à la filière. »

« Les entreprises ont pris des engagements envers l’opinion publique sans se renseigner auprès des fournisseurs. Il va être difficile de répondre à cette demande », avertit Philippe Juven. Les producteurs se disent prêts à accélérer la mutation vers l’élevage alternatif à condition d’obtenir des incitations financières. Si la grande distribution les soutient, ils pourraient investir à nouveau aux alentours de 2022 voire 2025… Par ailleurs, l’adaptation des élevages prendra du temps. À supposer que l’éleveur possède du terrain aux alentours d’un bâtiment, il lui faudra tout de même changer considérablement l’organisation de son exploitation.

Marie Nicot 


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