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Audrey Pulvar (FNH) : « Changer les modèles de production et de consommation »

Audrey Pulvar a pris la succession de Nicolas Hulot à la tête de la Fondation pour la nature et l'Homme* (FNH) en juin 2017. Son intervention dans un colloque organisé par les chambres d'agriculture, le 30 novembre, a été l'occasion pour elle d'exprimer ses convictions concernant l'agriculture. Extraits.

Par Eloi Pailloux - Publié le 14/12/2017 à 18:31

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« L’agriculteur doit être notre premier interlocuteur et notre premier allié pour changer les choses. »

Changer les habitudes alimentaires

« Le bien-manger a de vrais effets sur le bien-être, et ce n’est pas uniquement psychologique ! Il est positif que des consommateurs deviennent des militants de certains modes alimentaires qu’ils jugent sains, éthiques ou durables. C’est ce phénomène de diffusion des convictions qui fait du bio bien plus qu’un simple phénomène de mode. Dans un contexte morose, cet enthousiasme est important. Tout comme celui des agriculteurs, toujours plus nombreux à se convertir au bio ou à choisir des cahiers de charges ou des chartes portant des critères de durabilité. »

L’accès à une alimentation de qualité ne doit pas coûter plus

« Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, revendique un slogan : « Plus vert, c’est plus cher. » Je crois que nous pouvons trouver un modèle différent, avec moins de gaspillages, des habitudes alimentaires en évolution… Une assiette plus verte, mais tout aussi nourrissante, ne doit pas fatalement revenir plus chère au consommateur. Nous nous sommes mobilisés pour les États généraux de l’alimentation, pendant lesquels nous avons contribué à plusieurs ateliers, avec cette philosophie. »

Un modèle agricole à revoir

« Politiquement, nous pensons qu’un cap peut être donné pour une agriculture durable, locale, de qualité. Et ce, à toutes les échelles : en France, en Europe et même dans le monde. Il n’y a pas d’ennemi, pas d’anathème à lancer. L’agriculteur doit être notre premier interlocuteur et notre premier allié pour changer les choses. Car il est aussi le premier exposé aux risques liés aux pesticides, le premier à subir la dégradation la valeur de l’alimentation… sans parler de la défiance du grand public, qui s’abat sur lui même quand les problèmes viennent d’ailleurs. L’agriculteur a des atouts en poche : la biodiversité et le milieu rendent des services. Les insectes auxiliaires aident l’agriculteur, le sol stocke du carbone… »

Ne pas attendre un substitut équivalent pour arrêter le glyphosate

« Dire qu’on ne peut pas se passer du glyphosate tant qu’on n’a pas de solution équivalente n’est pas la bonne logique. Il faut changer de prisme ! Attendre une alternative qui permette d’arrêter cette molécule, toute chose égale par ailleurs, demanderait beaucoup de temps, mais surtout ce n’est pas cohérent avec le changement global dont l’agriculture a besoin. Si on demande au consommateur d’aller plus souvent chez le maraicher, de cuisiner différemment, l’agriculteur aussi doit changer sa manière de travailler. Et pas simplement remplacer un produit A par un produit B. À titre de comparaison, cela reviendrait à dire qu’il faut remplacer toutes les voitures à essence par des voitures électriques : ce n’est pas ce que j’appelle un changement de modèle. »

* anciennement Fondation Nicolas Hulot.

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