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Élevage et climat : les cinq casquettes de Jean-Marc Burette

Agronome, vétérinaire, ingénieur, comptable et pédagogue. Jean-Marc Burette, éleveur de vaches laitières, a amélioré le bilan carbone de son exploitation, en autodidacte.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 23/10/2018 à 11:19

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Jean-Marc Burette opte pour le non labour afin de préserver la richesse des sols.

Murs de briques rouges, champs à perte de vue et petit vent frisquet. La ferme de Fleurbaix, dans le Nord-pas-de-Calais, ressemble à des centaines d’autres. Apparence trompeuse. Jean-Marc Burette n’a de cesse de modifier ses pratiques pour améliorer son bilan carbone tout en maintenant une bonne rentabilité. Sous l’œil bienveillant de sa femme Babeth, il s’informe, teste, s’interroge, se trompe et finalement progresse.

À la tête d’une exploitation de 68 hectares, dont 35 hectares de maïs pour les vaches, 28 hectares de culture pour la vente et 5 hectares de prairie, le couple produit 670 000 litres de lait avec 75 vaches Prim’holstein. « Les récoltes qui ont un mois d’avance, le film d’Al Gore Une verité qui dérange sur le réchauffement climatique, sont autant de raison qui m’ont poussé à agir, témoigne Jean-Marc Burette. Je me suis interrogé sur ce que je pouvais faire à ma petite échelle. »

Un premier diagnostic carbone en 2015

En 2015, le nordiste s’engage dans le programme Ferme laitière bas carbone élaboré par la filière lait, au niveau européen. Partant du constat que l’élevage contribuerait à environ 6 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, il s’agit de diminuer de 20 % les émissions de GES d’ici 2025. La première étape consiste à établir un diagnostic de chaque ferme. En 2015, l’empreinte carbone de Fleurbaix s’élève à 1,15 kilo d’équivalent CO2 par litre de lait. Jean-Marc Burette a choisi d’actionner trois leviers : l’alimentation du troupeau, la diminution des intrants, les économies d’énergie. Il n’a pas bouleversé ses pratiques, mais les a adaptées.

Le troupeau profite de cinq hectares de prairie et les haies sont préservées.

Refusant la conversion bio pour « éviter de se contraindre avec un cahier des charges », il grappille des initiatives issues de l’agro-écologie et de l’agriculture de conservation. Internet, des formations pros, des lectures lui donnent des idées qu’il traduit sur le terrain. En vertu du principe qu’un paysan gère sa ferme comme une PME, il coiffe successivement la casquette d’agronome, de vétérinaire, d’ingénieur, de comptable et de pédagogue.

Un bilan positif en 2017

L’empreinte carbone de la ferme de Fleurbaix est tombée à 0,95 kilo de CO2 par litre, soit une réduction de 17 % en deux ans avec le même nombre de bovins et une production en légère hausse. « Les derniers grammes de CO2 par litre sont les plus durs à gagner », reconnaît l’exploitant qui ne reviendra plus en arrière. On peut regretter que ces données ne soient pas certifiées par un tiers. De plus, l’exemple de Fleurbaix est unique, car chaque exploitation est particulière. Même si la filière souhaite convertir 58 000 fermes laitières d’ici cinq ans, un copié-collé est impossible.

En savoir plus sur le projet Ferme laitière bas carbone.

Marie Nicot

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