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L’étude du professeur Séralini, recalée mais entendue

Par Campagnes & Environnement - Publié le 23/10/2012 à 00:00

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L’étude menée par l’équipe du professeur Séralini sur une période de deux ans, et mettant en avant un impact du maïs OGM NK 603 et du Roundup (nom commercial de l’herbicide glyphosate de Monsanto) sur le développement de cancers chez le rat, a été recalée le 22 octobre par le Haut Conseil des Biotechnologies et l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Les motifs avancés par ces instances, toutes deux saisies par le gouvernement, reprennent pour l’essentiel ceux déjà développés par les précédentes prises de positions des agences européennes, allemandes, néerlandaises… La souche de rats utilisée pour les tests est particulièrement sensible au cancer. Ce qui aurait nécessité un nombre six à huit fois supérieur de rats pour que l’étude soit significative. Pour l’Anses, la « faiblesse centrale de l’étude réside dans le fait que les conclusions avancées sont insuffisamment soutenues par les données de la publication. » Et qu’il n’est donc pas possible d’« établir scientifiquement un lien de cause à effet entre la consommation du mais OGM et/ou des pesticides et les pathologies constatées. »

Améliorer les tests toxicologiques

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Si l’Anses a recalé l’étude de l’équipe de Gilles-Eric Séralini, son directeur Marc Mortureux a indiqué rester « attentifs à tout élément nouveau dans un cadre européen incomparablement plus contraignant que partout ailleurs. »

Gilles-Eric Séralini ne nie d’ailleurs pas les imperfections de son travail. « L’équipe a juste ouvert une voie, et il faut maintenant faire mieux collectivement », a-t-il déclaré lors de son audition par le comité de dix experts constitué par l’Anses. « En tant qu’agence, a indiqué Marc Mortureux, directeur de l’Anses, nous serons toujours attentifs à tout élément nouveau dans un cadre européen incomparablement plus contraignant que partout ailleurs. » L’agence a déjà fait une série de propositions aux instances communautaires, au printemps 2011, allant dans le sens de protocoles plus robustes pour les tests menés sur 90 jours, dont les résultats pourraient servir de « sentinelles » pour développer ensuite d’autres études plus longues. Des propositions actuellement à l’étude et que la forte médiatisation portée par l’étude de l’équipe du Criigen pourrait bien booster.

Ces évolutions dans les procédures d’évaluation ne font pas fondamentalement débat. Elles accompagnent l’évolution constante des connaissances scientifiques et des technologies. Ainsi, lors d’une conférence de presse le 4 octobre, l’AFBV (Association française des biotechnologies végétales) estimait que si « la procédure d’évaluation des OGM est tout à fait correcte, les tests toxicologiques peuvent être améliorés au vue des nouvelles méthodes et outils d’analyse. »

Des fonds publics pour une étude publique au long court

Au cours de leurs travaux, les dix experts de l’Anses ont pointé un manque d’études et de recherches sur les effets potentiels pour la santé des plantes OGM ou des formulations phytopharmaceutiques. Seules deux autres études ont pu être répertoriées. Réalisées en 2008, à partir de soja OGM, l’une, japonaise, portait sur l’impact sur le vieillissement des cellules, l’autre, italienne, sur l’incidence de l’ingestion d’une grande quantité d’OGM.  « Nous sommes prêts en association avec d’autres partenaires, notamment d’autres agences sanitaires européennes, à travailler à l’établissement de protocoles d’étude sur les effets potentiels à long terme de la consommation d’OGM ou l’exposition à des formulations phytopharmaceutiques», a indiqué le patron de l’Anses. Ce qui suppose des financements à la hauteur de telles études, qui se chiffrent en millions d’euros, voire en dizaine de millions d’euros. Des financements publics, qui auraient pour corollaire une diffusion publique des méthodes et des résultats.

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