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Une agriculture sans élevage n’est pas durable

Quelles seraient les conséquences pour l’agriculture française si les élevages pour la viande, le lait, les œufs disparaissaient ou diminuaient considérablement ? Le point avec Jean-Louis Peyraud, directeur scientifique adjoint de l’Inra.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 23/06/2017 à 16:06

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Jean-Louis Peyraud, directeur scientifique adjoint agriculture de l’Inra avertit : « Avec la suppression des ruminants, les paysages se fermeront, comme dans les Vosges suite à l’abandon de cette filière, laissant la place aux forêts dans les zones non cultivables. La fertilisation azotée organique sera perdue, tout comme la biodiversité associée aux prairies. » Et pour compenser les protéines animales dans l’alimentation humaine par celles d’origines végétales ? « Une population végane a besoin de plus de surfaces pour se nourrir. Une partie des grains n’est pas consommable, elle est donc perdue alors que les animaux transforment cette partie en protéines animales de haute valeur nutritionnelle, complète Jean-Louis Peyraud. Et dédier plus de parcelles à la culture n’est pas envisageable partout. »

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Sans oublier que ce sont les ruminants qui valorisent le mieux les co-produits : drèches, tourteaux de colza et de tournesol… Seuls 60 % des composants du blé entrent dans la chaîne alimentaire humaine. Si certains voient une ouverture vers la bio-économie, « l’alimentation est prioritaire », rappelle Jean-Louis Peyraud. Et dans l’atténuation du changement climatique, le stockage du carbone dans le sol des prairies entretenues par les ruminants et les haies qui les bordent, est à consigner au bénéfice de ces filières. Enfin, l’élevage représente 45 % de la production agricole en Europe et 4 millions d’emplois.

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Pour autant, les filières animales doivent modifier des pratiques. L’effort se porte sur l’autonomie protéique en cultivant plus de légumineuses. Source de protéines pour les animaux, elles enrichissent le sol en azote, limitent les achats d’engrais azotés, émetteurs de gaz à effet de serre. L’aliment local est privilégié. Les animaux ne sont plus nourris avec du soja provenant d’Amérique du sud.

Le bien-être animal et la gestion des risques de résistances aux maladies infectieuses constituent les deux autres points d’amélioration.

Pour aller plus loin, rendez-vous sur le site Inra-Science et impact.

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