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La cabine qui protège

Malgré la diminution du nombre de traitements, les viticulteurs sont particulièrement exposés aux produits de traitement des plantes. Seules les cabines récentes sont bien ventilées et climatisées et assurent une bonne protection. À condition de choisir les bons filtres… et de les remplacer régulièrement.

Par Campagnes & Environnement - Publié le 20/01/2004 à 00:00

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“Les cabines des tracteurs-enjambeurs récents sont mieux finies : plus confortables, elles sont surtout totalement étanches, apprécie Jean-Paul Richardot, viticulteur à Loches-sur-Ource dans l’Aube. Le confort et surtout la sécurité du chauffeur, c’est très important. J’ai toujours travaillé avec des engins à cabines, mais sur les anciens modèles, elles n’étaient pas étanches. Nous étions protégés d’un contact physique direct avec le produit, mais pas des gaz.” En renouvelant son enjambeur dédié à la pulvérisation il y a quatre ans, le viticulteur a porté une attention particulière à la qualité de la cabine et des filtres. “ La cabine est ventilée et climatisée, un équipement indispensable en raison de l’importante surface vitrée et de l’étanchéité de l’ensemble, même si on ne traite plus par forte chaleur : de début mai à fin juillet, les 10 à 12 traitements sont souvent réalisés le soir.” L’air est épuré par un filtre à charbon actif, changé tous les ans.

Santé du chauffeur, qu’il soit patron ou salarié…

« Le filtre coûte 380 euros, mais j’estime qu’il est important de le changer régulièrement, explique Jean-Paul Richardot. Je traite la moitié du temps, le reste est réalisé par un salarié. C’est donc un problème de santé, pour moi comme pour lui, mais aussi une question de responsabilité de l’entreprise. Les produits qui passent dedans sont dangereux pour la santé, on le sait tous ». Les filtres sont fragiles. Comme les enjambeurs ne sont pas suspendus, les risques de casse des charbons du filtre sont augmentés. Et un charbon cassé, c’est une “cheminée” dans laquelle s’engouffrent les vapeurs de produits pour pénétrer directement dans l’habitacle. “Malheureusement, on ne peut pas donner de date limite d’utilisation pour les filtres à charbon, regrette Marcel Jeannerot, conseiller en prévention à la Mutualité sociale agricole (MSA). Les conditions d’utilisation sont trop variables pour déterminer le niveau de remplissage d’un filtre. La température, l’hygrométrie, la vitesse du vent, le type de matière active, mais aussi le relief – important dans les vignes – conditionnent l’aspiration de produits toxiques. On préconise toutefois de les changer tous les ans.” Attention aux filtres à poussières qui retiennent les gouttes sans les filtrer… et projettent en permanence les vapeurs toxiques dans la cabine.

L’importance de filtrer les produits toxiques

La MSA insiste sur l’importance de la filtration, tant les produits sont toxiques. “Une idée reçue fait croire aux exploitants que les fongicides sont moins dangereux que les insecticides, immédiatement irritants, explique Marcel Jeannerot. Or, les fongicides ont des effets à long terme : ils sont cancérigènes et mutagènes. De plus, les intoxications ne proviennent pas forcément d’un contact avec une forte quantité de produit, mais plus souvent de la répétition de ce contact.” De nombreuses études ont montré des taux de maladies graves (cancers, anormalité des nouveau-nés, stérilité, etc.) chez les viticulteurs et les agriculteurs. Très en pointe sur le sujet, Marcel Jeannerot n’hésite jamais à rappeler que “les produits phytos sont des biocides, c’est-à-dire des destructeurs de cellules vivantes. Or, l’homme est constitué de cellules vivantes…”

Des tests réguliers

“La MSA réalise régulièrement des tests sur mon enjambeur et sa cabine, reprend Jean-Paul Richardot. Les quantités de particules à l’extérieur sont mesurées et comparées à la concentration à l’intérieur de l’habitacle. Le filtre que j’utilise est d’origine militaire et la filtration s’avère très efficace.” Les tests sont réalisés en collaboration avec l’INRS et suivis par le groupe de travail de l’Afnor, en vue d’une normalisation des cabines et de leur filtration. Les travaux ont débuté sur les enjambeurs en raison de leurs caractéristiques particulières, de leur plus grande variabilité des conditions de travail et de l’exposition souvent directe de la cabine aux produits phytos. Les premiers résultats sont encourageants, mais vont être affinés pour améliorer les connaissances des matières actives et de leur comportement. Par extension, les données recueillies par le groupe de travail seront applicables aux cabines de tracteurs.

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