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Levée de boucliers contre le Plan pesticides

Révélé le 25 avril, le Plan pesticides du Gouvernement n'a pas tardé à susciter des réactions. Elles sont pour la majorité négatives : les environnementalistes le trouvent trop léger, la profession agricole y voit une addition de contraintes supplémentaires.

Par Eloi Pailloux - Publié le 03/05/2018 à 09:43

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Les pesticides, une thématique qui peine à créer le consensus.

Les pesticides, une thématique qui peine à créer le consensus.

Les ministres chargés de la Transition écologique, de la Santé, de l’Agriculture et de la Recherche ont présenté, le 25 avril, le plan d’actions du Gouvernement pour réduire la dépendance de l’agriculture aux pesticides. Un plan qui reste proche du texte initial dévoilé le 19 janvier, avec quatre priorités (voir encadré). Et qui suscite une insatisfaction généralisée… sans véritable surprise. Sur le sujet brûlant des pesticides, créer le consensus est particulièrement ardu.

Les environnementalistes en veulent plus

En l’occurrence, les réactions soulèvent beaucoup d’interrogations sur la concertation menée depuis le 15 février : les parties prenantes expriment leur impression que ces deux mois n’ont pas servi à grand-chose. Les associations environnementalistes évoquent ainsi un manque de volonté politique, notamment en ce qui concerne le glyphosate. Aucune interdiction n’est fixée pour l’utilisation de la molécule. « Le compte n’y est pas », déclare Générations futures. « Où sont les solutions nouvelles ? », s’insurge France nature environnement. Pour la Confédération paysanne, « ce plan se cache derrière la prétendue absence d’alternatives et les besoins en recherche sur celles-ci. »

Sur les phytosanitaires, le gouvernement avance seul sans respecter ceux qui font ! ➡https://t.co/xmJAA0ktsU pic.twitter.com/uVSXS0XWje

— La FNSEA (@FNSEA) 25 avril 2018


La profession agricole appréhende des contraintes supplémentaires

Le monde agricole, dans sa majorité, proteste à l’inverse contre les nouvelles interdictions et charges supplémentaires. « Nous sommes prêts à progresser, mais pour cela, il faut des agriculteurs debout, pas des exploitations à genou ! », s’exclame la Fnsea, qui regrette que le Gouvernement ne s’appuie pas davantage sur son « contrat de solutions ». Le syndicat réclame une étude d’impacts économiques de ce plan d’actions.

L’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) espère pour sa part que le pilotage par les quatre ministères améliore la cohérence et la lisibilité de la politique du Gouvernement. Et insiste : « Une évolution vers une moindre utilisation de produits phytosanitaires suppose un investissement fort en recherche et innovation, dans l’amélioration des pratiques agronomiques et dans l’accompagnement des agriculteurs. »


Les quatre axes de travail du Plan pesticides

- Diminuer rapidement l'utilisation des substances les plus préoccupantes pour la santé et l'environnement ;
- Mieux connaître les impacts pour mieux informer et protéger la population et les professionnels et préserver l'environnement ;
- Amplifier la recherche-développement d'alternatives et la mise en œuvre de ces solutions par les agriculteurs ;
- Renforcer le plan Écophyto 2, améliorer sa gouvernance et son fonctionnement.

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