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Vente de pesticides et conseil agricole : la séparation des deux activités pose question(s)

La loi Égalim instaure la séparation des activités de conseil agricole et de vente de pesticides. Une mesure qui vise à éviter de possibles conflits d'intérêts. Et qui se heurte à de nombreuses difficultés concrètes.

Par Eloi Pailloux - Publié le 06/06/2018 à 15:20

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Conseiller agricole pesticide

Photo Terre-écos A.G.

C’est l’un des sujets sensibles de la loi Égalim : la séparation des activités de conseil agricole et de ventes de pesticides. Certaines structures, comme les coopératives, assument les deux métiers. Le Gouvernement y voit un conflit d’intérêt déjà évoqué par Ségolène Royal auparavant. « Comment voulez-vous inciter un agriculteur à moins traiter ses cultures si c’est vous-même qui vendez les pesticides ? », s’interrogeait la ministre de l’Environnement, début 2017. « Il y a longtemps que les techniciens ne sont pas intéressés financièrement sur la vente de produits phytosanitaires », explique pourtant Christophe Grison, vice-président de Coop de France, la structure nationale fédérant les coopératives.

Quel conseil agricole pour demain ?

Un argument qui n’a pas convaincu le Gouvernement. La loi doit bel et bien mettre fin à ce système. Reste que l’application de cette mesure est épineuse. Elle sera précisée plus tard, par ordonnance.

Le député LREM Jean-Baptiste Moreau explique : « On n’est pas dans le « il n’y a qu’à… ». Il est nécessaire de déterminer les contours du conseil agricole de demain. » En clair, si la coopérative arrête de conseiller, pour conserver uniquement l’activité de vente, vers qui l’agriculteur pourra-t-il se tourner ? Et à quel prix ? « Les chambres d’agriculture doivent monter en puissance », répond Jean-Baptiste Moreau.

Craintes sur la transparence des circuits de ventes

Quelles conséquences pour le secteur de la vente de pesticides ? Là encore, le sujet est sensible. Les circuits de vente actuels offrent des garantis de traçabilité à ne surtout pas relâcher. Or, si certains distributeurs actuels stoppent cette activité pour se focaliser sur le conseil, où l’agriculteur trouvera-t-il ces produits ? Le spectre de nouveaux circuits moins transparents, notamment via internet, inquiète.

Dans un dossier complexe, une difficulté supplémentaire : les Certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP). Une mesure du quinquennat précédent, qui consiste à inciter les distributeurs de pesticides à mettre en avant, dans leur conseil, les alternatives existantes. Le Gouvernement a affirmé vouloir conserver ce dispositif, pourtant fondamentalement basée sur le lien entre les deux activités !

Autant d’ornières importantes pour le législateur, au moment de rédiger les ordonnances liées à cette mesure. Les services de l’État veulent intégrer la distribution agricole à leur réflexion. Un moyen de ne pas avancer sans un secteur dont le fonctionnement est amené à une véritable révolution structurelle.

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